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La CFDT – avec la CGT, l’Unsa, Solidaires et la FSU – appelle à la mobilisation lors de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars prochain.

En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l’Insee Focus no 377, publié le 26 février dernier. À quelques jours du 8 mars, ce chiffre en dit long sur le chemin qu’il reste à parcourir en matière d’égalité salariale. D’autant plus qu’« en 2024, l’écart de revenu salarial s’est réduit de 0,4 point, plus modérément qu’entre 2019 et 2023 ».
Une question de justice sociale
Face à cette « discrimination », l’intersyndicale constituée par la CFDT, la CGT, l’Unsa, Solidaires et la FSU, rappelle, dans un communiqué commun, que les femmes « refusent d’attendre encore 80 ans pour être considérées dans le travail et rémunérées à l’égal de leurs collègues masculins. Elles exigent l’application du principe inscrit dans la loi “à travail de valeur égale, salaire égal” ». Ces organisations syndicales précisent que les inégalités perdurent et s’amplifient à la retraite avec des écarts moyens de pension de 38 % en défaveur des femmes. Rappelant que le fait de « reconnaître la valeur du travail des femmes est d’abord une exigence de justice sociale », l’intersyndicale appelle le gouvernement à transposer, de « manière ambitieuse », la directive européenne de transparence des rémunérations, qui « donne des leviers pour atteindre l’égalité des rémunérations et des carrières entre les femmes et les hommes ».
De même, alors que des services publics forts et de qualité sont une nécessité en vue de répondre aux besoins d’égalité et que les femmes sont à la fois les premières usagères et employées des services publics, la CFDT, la CGT, l’Unsa, Solidaires et la FSU condamnent « les mesures rétrogrades récemment appliquées dans la fonction publique, qui pénalisent en premier lieu les femmes, telles que les 10 % de décote salariale en cas de congés maladie ordinaire, y compris pour les femmes enceintes, ou le projet de réduction du nombre de jours d’absence “enfant malade” ».
Attaques réactionnaires
Au-delà de la question de l’égalité salariale, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes note que les discours masculinistes décomplexés se répandent avec comme corollaire le risque d’une montée des violences sexistes et sexuelles. Afin d’y faire face, les syndicats signataires du communiqué demandent « que soit transposée sans attendre la directive européenne sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique ». Et de conclure : « Face aux forces réactionnaires qui s’organisent et qui nient aux femmes le droit à disposer de leur corps, qui prônent leur retour à la maison au nom de [prétendues] valeurs traditionnelles, qui combattent toutes les politiques en faveur de l’égalité, nos organisations syndicales continuent de défendre l’émancipation des femmes et l’égalité réelle avec les hommes, notamment par le travail. »
Dans ce contexte, et parce que « l’égalité réelle entre les femmes et les hommes est un enjeu démocratique, mais aussi économique, qui ne peut plus attendre », les cinq organisations syndicales appellent « toutes et tous à se mobiliser [le 8 mars], y compris par la grève, et à rejoindre les manifestations organisées dans tous les territoires ».