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Extrait de l'hebdo n°4005
Leader de la presse magazine en France appartenant au milliardaire Vincent Bolloré, le groupe Prisma a annoncé, le 30 mars dernier, un plan social d’une ampleur et d’une brutalité inégalées. Sur place, la résistance s’organise.

La nouvelle est tombée comme un coup de massue, le 30 mars : la direction de Prisma Media (Capital, Femme actuelle, GEO, Télé Loisirs, Voici…) a annoncé un plan social sans précédent. Au total, 261 postes sont menacés, soit 40 % des effectifs du premier groupe de presse magazine en France – et ce, sans compter les nombreux pigistes et CDD qui, inévitablement, seront impactés. « On savait depuis Noël 2025 qu’un PSE se préparait, mais personne ne s’attendait à un plan aussi massif. Ç’a été un véritable choc pour tout le monde ! », indique la représente syndicale CFDT du groupe.
Ce plan social concerne l’ensemble des services et des rédactions, dont certains vont purement et simplement être supprimés : la fabrication (qui permet aux différents titres d’être imprimés) et des publications comme GEO Histoire et d’autres hors-séries. Le groupe vit sa troisième saignée depuis que le groupe est passé sous la coupe du milliardaire Vincent Bolloré, en 2021. « Nous avons subi une première RCC1 il y a deux ans, puis un PSE l’an dernier, et cette troisième vague est la plus radicale et la plus douloureuse », affirme la représentante syndicale CFDT, qui s’inquiète désormais « de la qualité des magazines que nous allons pouvoir produire ».
Réduire le périmètre du PSE
« La direction ose justifier ce plan par des difficultés économiques structurelles alors que Prisma Media réalisait encore en 2025 un chiffre d’affaires de 302 millions d’euros et dégageait un résultat opérationnel positif de 6 millions d’euros », dénoncent les syndicats du groupe (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes) dans un communiqué commun. Les difficultés, à vrai dire, viennent essentiellement du modèle digital, que le groupe n’a pas réussi à trouver, et dont il fait porter aujourd’hui les conséquences sur les salariés. Mais ceux-ci n’ont pas dit leur dernier mot.
« On va tenter de faire contrer le périmètre du plan ! », résume la DS CFDT. Une première réunion du comité social et économique au sujet de ce plan, ouvrant une période de quatre mois pour l’information-consultation, s’est tenue le 3 avril. Malgré la volonté de combattre ce plan social, le moral est profondément atteint. « C’est difficile pour ceux qui perdent leur travail mais c’est difficile aussi pour ceux qui restent sur des ruines », déplore la représentante syndicale CFDT de Prisma Media.