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Surmonter la crise démocratique
En un siècle et demi d’existence, les Scop (sociétés coopératives et participatives) ont su démontrer qu’un autre mode de gouvernance d’entreprise était possible… Upcoop en fait la preuve depuis soixante ans.

« Devenir associée d’Upcoop s’est rapidement imposé comme une évidence. Issue de sociétés classiques et très hiérarchisées, j’ai été un peu désorientée au départ par cette gouvernance commune, admet Frédérique, salariée d’Upcoop depuis trois ans. Mais je suis aujourd’hui totalement conquise. La Scop, c’est ce que devrait être l’entreprise. »
Soixante ans après sa création, Upcoop (anciennement Groupe Chèque Déjeuner puis Groupe Up, en 2015) est sans doute la Scop la plus populaire de France. Pourtant, peu connaissent son mode de fonctionnement : horizontal et totalement coopératif. Chaque salarié a vocation à devenir associé au terme d’un parcours d’intégration de douze à dix-huit mois, participant ainsi pleinement à la vie de l’entreprise. « Ce temps de formation est nécessaire afin que les salariés associés soient en capacité de prendre part aux décisions », précise Frédérique, le vote n’étant que l’aboutissement d’une coconstruction de la décision.
Participer, partager, prendre part
Chez Upcoop, comme dans les 2 723 Scop que compte la France, un même principe s’applique : un associé = une voix = un pouvoir. Dit autrement, les Scop sont des entreprises dirigées, gérées et possédées par leurs membres. « Les salariés sociétaires élisent la direction de l’entreprise, valident ses orientations stratégiques. Et, en 2023, nous sommes devenus la première société coopérative à mission de France », précise son président, Youssef Achour. Selon lui, le modèle Scop est l’archétype de l’apprentissage de la responsabilité et de la culture du compromis. Et ça fonctionne !
Ces dernières années, les exemples de reprise en Scop se sont multipliés – Duralex ou Scop-TI (ex-Fralib) – et démontrent qu’un autre modèle d’entreprise est possible, y compris en vue de préserver les emplois face aux crises industrielles. Tous leurs salariés témoignent des nombreux bienfaits individuels et collectifs d’un fonctionnement horizontal : sens du travail retrouvé, performance mais aussi pérennité supérieure aux entreprises classiques. Faisant ainsi la démonstration que la responsabilité partagée – où chaque partie prenante embrasse une réalité plus vaste que ses intérêts propres – est sans doute la meilleure garantie de l’intérêt général.