Temps de lecture 4 min
Extrait de l'hebdo n°4025
Entre 2019 et 2024, seule une profession du secteur privé sur trois a connu une progression de pouvoir d’achat, selon l’Insee. Parmi celles-ci, les métiers de la santé tirent leur épingle du jeu.

Au grand jeu de l’évolution des salaires et de l’augmentation des prix, tout le monde n’est pas gagnant. Dans une étude publiée début juillet, l’Insee annonce qu’entre 2019 et 2024, seulement 121 des 343 professions et catégories socioprofessionnelles du secteur privé ont connu une progression du pouvoir d’achat du salaire net. Et ce sont surtout les salaires des professions de la santé qui ont le plus progressé. Ainsi, ceux des dentistes et psychologues ont augmenté de 5,7 %. Les salaires des médecins et des pharmaciens ont bénéficié d’une progression de 4,6 % sur la période. Idem du côté des professions intermédiaires de la santé : les sages-femmes ont connu une progression de 15,6 %, de 7,6 % pour les puéricultrices et 5,9 % pour les infirmiers en soins généraux.
Qu’est-ce qui explique ces bons chiffres ? « Les professions de santé ont […] bénéficié de revalorisations salariales dans le cadre du Ségur de la santé (2020), visant à répondre à un contexte de fortes tensions sur les besoins de main-d’œuvre dans ces métiers, que ce soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé », détaille l’Insee, qui ajoute comme autre facteur « le recours accru aux heures supplémentaires ». Du côté des moins chanceux, l’Insee distingue les ingénieurs et cadres techniques d’entreprise, qui ont vu leur salaire net en euros constants baisser de 3,3 % en cinq ans. Les professions de l’enseignement secondaire et supérieur, quant à elles, subissent un recul de 5,3 % ; en bas du tableau, figurent les professions de l’information des arts et des spectacles, dont le salaire a reculé de 7,1 % entre 2019 et 2024.
Smic et pouvoir d’achat
En s’en tenant aux catégories socioprofessionnelles, l’Insee explique que les métiers d’employés et d’ouvriers (en dehors de la santé) ont vu leur salaire « légèrement reculer », de 0,3 %. Cela signifie que le salaire a évolué à peu près de la même façon que la hausse des prix. « Ces professions sont caractérisées par une forte proportion de salariés proches du Smic […]. Or, pendant la période de forte inflation, le Smic a été revalorisé plusieurs fois, si bien qu’il a progressé de 16,7 % en moyenne entre 2019 et 2024. Ces revalorisations du salaire minimum ont préservé le pouvoir d’achat des rémunérations dans les professions d’ouvriers et d’employés », souligne l’institut. En ce qui concerne les cadres et des professions intermédiaires (toujours hors santé), « leurs salaires nets en euros constants ont reculé durant la phase inflationniste de 2021 à 2024, les hausses de 2024 ne suffisant pas à compenser les pertes antérieures. Le pouvoir d’achat de leurs salaires nets moyens a ainsi reculé de 2,0 % entre 2019 et 2024 », précise l’Insee.
Enfin, dernière donnée chiffrée intéressante de cette étude : le salaire net moyen en équivalent temps plein, qui s’élève à 2 820 euros par mois en 2024. Certes, c’est 15,7 % de plus qu’en 2019, mais la hausse des prix a été assez élevée entre ces deux dates, en l’occurrence 14,9 %… tant et si bien que les augmentations de salaire ont été pratiquement gommées, puisque le gain sur la période n’est finalement que de 0,8 %.