Salaires dans la fonction publique : en finir avec le rafistolage

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iconeExtrait de l’hebdo n°3792

La conférence sur les perspectives salariales dans la fonction publique – lancée le 21 septembre par la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin – est attendue par l’Uffa-CFDT.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 22/09/2021 à 15h36 et mis à jour le 23/09/2021 à 07h12

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Cette conférence doit s’achever en février 2022 et aborder les questions d’égalité professionnelle, d’équité de rémunération entre les métiers et les filières, d’attractivité et des carrières ainsi que des questions relatives aux contractuels. La ministre a profité de ce rendez-vous pour annoncer le relèvement du minimum de traitement des agents publics au niveau du Smic.

Une véritable urgence à agir

« Cette conférence est plus que jamais nécessaire, insiste Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT-Fonctions publiques. Depuis de nombreuses années, les rendez-vous salariaux se succèdent, tout le monde ou presque en sort insatisfait, à commencer par les agents. » Preuve qu’il y a urgence à agir – si on pouvait encore en douter –, l’annonce par la ministre de la hausse des salaires des agents au niveau du Smic au 1er octobre. Cette mesure était réclamée par la CFDT-Fonctions publiques depuis le 15 septembre, à la suite du relèvement automatique du salaire minimum, qui plongeait les rémunérations de centaine de milliers d’agents de catégorie C en dessous du Smic.

Si cette décision est à saluer, elle doit surtout être rapidement complétée. Il faudra s’attaquer aux conséquences de cette hausse sur le déroulement de carrière des agents de catégorie C mais aussi sur celui des autres catégories. « L’inflation touche tout le monde. Il n’est pas acceptable que les agents de catégorie B soient recrutés avec une rémunération supérieure au Smic d’une petite douzaine d’euros ! » Bref, cette conférence tombe à pic… à condition qu’elle soit suivie d’effets.

Des annonces très attendues en février 2022

« Nous ne tiendrons pas longtemps avec ce qui s’apparente de plus en plus à du rafistolage de la grille des rémunérations et des carrières des agents, poursuit Mylène Jacquot. Cette conférence aura à traiter de plusieurs thématiques qui nous ramènent quasi systématiquement aux questions de rémunérations, de composantes des rémunérations, d’évolution des rémunérations, de niveau des rémunérations, mais aussi à des questions de carrières et de classement hiérarchique… Nous n’avons pas de tabou, nous sommes prêts à discuter de tous les sujets. »

Parmi les revendications de la CFDT-Fonctions publiques, la reconnaissance des niveaux de qualification à leur juste hauteur en rétablissant des écarts significatifs entre les niveaux de rémunération des diverses catégories. Par ailleurs, il y a urgence à offrir des perspectives aux agents, en faisant évoluer la rémunération tout au long de leur carrière. « Il faut arriver au minimum à un doublement de celle-ci entre le début et la fin de carrière », plaide Mylène Jacquot.

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

La CFDT-Fonctions publiques prendra bien entendu toute sa part dans les travaux. « Nous veillerons à ce que cette conférence engage le gouvernement. Nous ne nous contenterons pas qu’elle ouvre des perspectives qui n'engageraient que les gouvernements à venir », conclut la secrétaire générale de l’Uffa. Autrement dit, dès février 2022, la CFDT-Fonctions publiques exigera des annonces concrètes, au bénéfice des agents, qui, depuis des mois, démontrent leur engagement sans faille au service des usagers et leur détermination à mener à bien leur mission de service public.