Revalorisation des agents : Interco CFDT interpelle les départements

temps de lectureTemps de lecture 3 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3824

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 17/05/2022 à 12h00

image
© DR

Alors que le décret « relatif au versement d’une prime de revalorisation à certains personnels relevant de la fonction publique territoriale » est paru le 28 avril dernier, Interco CFDT ne cache pas sa déception. Si ce dernier prévoit bien une revalorisation à hauteur de 183 euros pour certains agents, son versement sera laissé à la discrétion des collectivités. « Ce retour sur les engagements pris par les départements ainsi que les conditions de mise en œuvre de cette revalorisation, qui ne sera pas automatisée, appelle à une clarification », réagit Jacques Lager, secrétaire général d’Interco CFDT, dans un courrier adressé le 2 mai à François Sauvadet, président de l’Assemblée des départements de France (ADF).

Un mauvais signal pour l’attractivité du secteur

Si le contenu de ce décret n’est pas une surprise – Interco CFDT s’était abstenue lors du vote au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) du 6 avril dernier, notamment pour la non-automaticité du versement –, la position de l’ADF est plus étonnante. « Nous avons fait l’amer constat, lors du CSFPT, de voir que les représentants de l’ADF n’avaient pas pris part au vote, dénonçant notamment les implications financières d’une telle revalorisation. » Pourtant, le 18 février dernier, lors de la conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social, l’ADF actait son engagement en faveur des professionnels de la filière socio-éducative.

Des initiatives locales

« Vous avez d’ailleurs, à cette occasion, souligné l’importance d’un engagement fort pouvant mettre fin à des iniquités territoriales et de celui de la valorisation de ces métiers indispensables, rappelle Jacques Lager à l’adresse de l’ADF. Nous voulons comprendre la position des présidents de département qui, aujourd'hui, soulève de grandes interrogations, voire de l’incompréhension auprès des agents territoriaux. » 

C’est donc un nouveau mauvais signal adressé aux professionnels de ces secteurs en charge de l’accompagnement social des publics fragiles : agents paramédicaux, aides à domicile ou encore travailleurs sociaux… Des « travailleurs essentiels » dont l’engagement et l’investissement n’est plus à démontrer. Parce qu’elle n’accepte pas ce camouflet adressé aux agents territoriaux, Interco CFDT – en plus de demander à rencontrer l’ADF avec l’ensemble de ses syndicats département – interpelle localement chaque acteur concerné. « Nous n’en resterons pas là, prévient Marie Mennella, secrétaire national à la Fédération. Nous voulons mettre les employeurs publics face à leurs responsabilités et face à leurs promesses. »