Restrictions sur le compte personnel de formation

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icone Extrait de l'hebdo n°4000

Un décret du 25 février 2026 fixe de nouvelles règles plus contraignantes quand il s’agit de mobiliser son CPF, le seul dispositif qui reste aujourd’hui à la main des salariés.

Par Jérôme CitronPublié le 03/03/2026 à 13h00

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© Kermalo/RÉA

Pour réaliser des économies sur le compte personnel de formation (CPF), il n’y a pas trente-six solutions : il faut faire baisser le nombre de salariés qui y ont recours chaque année ou réduire l’enveloppe financière par salarié. Le gouvernement a manifestement choisi de jouer sur les deux tableaux. Un décret publié le 25 février fixe en effet les nouvelles règles d’utilisation de ce dispositif. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les efforts demandés aux salariés ne sont pas négligeables.

De nombreux cas de plafonnement

Tout d’abord, certains dispositifs ont été plafonnés. Même si un salarié dispose d’un CPF « plein » (c’est-à-dire l’équivalent de 5 000 euros de formation), il ne pourra le mobiliser qu’à hauteur de 1 600 euros dans le cadre d’un bilan de compétences. Et pour toutes les formations « inscrites au répertoire spécifique », en l’occurrence les formations non certifiantes stricto sensu (les formations en langues étrangères ou les certifications professionnelles, par exemple), un salarié ne mobilisera son CPF qu’à hauteur de 1 500 euros. Enfin, dans le cas du permis de conduire, le CPF ne pourra être mobilisé qu’à hauteur de 900 euros au maximum (exception faite des demandeurs d’emploi). Toutefois, ces contraintes disparaissent si le salarié parvient à faire cofinancer ces formations – que ce soit par son employeur, une collectivité ou tout autre organisme.

Un autre décret à venir devrait, lui, augmenter la participation financière du salarié à chaque fois qu’il mobilise son CPF. Aujourd’hui, cette participation est de 103,20 euros (initialement de 100 euros, mais elle a suivi l’inflation…) ; or elle devrait passer à 150 euros. Là encore, les demandeurs d’emploi ne sont pas concernés, ni les salariés qui bénéficient d’un cofinancement de leur employeur, de leur Opco1 ou de la Région. Ceux-là n’auront aucune participation financière à acquitter.

Le bilan de compétences sauvé… pour l’instant

Pour la CFDT, ces annonces ne sont pas une surprise. Dans le budget 2026, les économies devant être faites par la formation professionnelle sont telles que le CPF ne pouvait qu’être impacté. La CFDT se félicite toutefois que le bilan de compétences, un temps menacé, ait pu être « sauvé » puisqu’un plafond à 1 600 euros a été maintenu. Concernant le permis de conduire, elle souhaite qu’une réflexion s’engage car la CFDT considère qu’il s’agit d’un outil d’insertion professionnelle essentiel qui doit être pris en charge – même si le CPF n’est pas forcément le bon véhicule. Enfin, elle se prononce contre toute forme de participation forfaitaire : elle était contre lorsque le montant était de 100 euros, elle ne peut que le rester quand le montant grimpera à 150 euros.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

« En limitant l’accès aux formations les plus demandées par les salariés, le gouvernement va faire des économies, c’est certain. Il s’agit de mesures purement comptables et rien de plus, analyse Séverine Garandeau-Martin, secrétaire confédérale chargée de la formation professionnelle. Ces mesures d’économie mettent cruellement en lumière le fait que la formation professionnelle n’est pas une priorité de l’exécutif, malgré les discours tenus sur la nécessité d’accompagner les salariés face aux transitions à venir. »