Que retenir de la COP27 ?

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iconeExtrait de l’hebdo n°3850

Les 196 pays réunis à la Conférence sur les changements climatiques de Charm el-Cheikh (Égypte) sont parvenus à un accord sur la question des financements via la création d’un fonds pour pertes et dommages. En revanche, la sortie des énergies fossiles n’est pas encore actée.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 22/11/2022 à 13h00

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© Doug Mills/The New York Times-Redux-RÉA

C’est peut-être l'information qu’il convient de retenir de cette COP27, qui s’est déroulée du 6 au 20 novembre 2022 en Égypte : la création d’un « fonds de réponse aux pertes et dommages », c’est-à-dire aux dégâts irréversibles provoqués par le réchauffement climatique, et qui devra bénéficier aux pays les plus vulnérables. « Cela fait trente ans que le sujet est dans les tuyaux. En ce sens, c’est une décision historique », note Anne-Juliette Lecourt, du service confédéral Économie et société. Et une victoire pour les pays du Sud (parce que plus touchés), qui réclamaient ce mécanisme à cor et à cri depuis des décennies. Si le principe de réparation de ce nouveau fonds a été acté, il reste à en définir les modalités : qui contribue ? à quelle hauteur ? quelles conditions pour en bénéficier ? Un comité spécial doit s’y atteler, pour une adoption lors de la COP28.

Loin des objectifs de l’Accord de Paris

Pour le reste, « le bilan de cette COP est très décevant », regrette Luc Mathieu, secrétaire national, qui relève « peu de choses sur les mesures d’atténuation et rien sur la sortie des énergies fossiles. Quand on voit les chiffres donnés par l’ONU, qui montrent à quel point nous sommes hors des clous de l’Accord de Paris, on aurait pu s’attendre à des mesures plus ambitieuses ».

En effet, même si l’Union européenne a relevé ses engagements (en annonçant une réduction de 57 % de ses émissions d’ici à 2030, au lieu de – 55%), cela ne saurait changer drastiquement la trajectoire permettant de limiter le réchauffement à 1,5 °C d’ici à 2030. « Cela donne toutefois un appui supplémentaire pour faire avancer le paquet législatif européen », nuance Anne-Juliette. Mais dans la mesure où plusieurs pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil sont responsables de plus de 60 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (selon les dernières données disponibles) et que « ces pays n’ont généralement pas aligné leurs objectifs de moyen terme avec la cible de neutralité qu’ils affichent à long terme », on voit que le chemin vers une réduction rapide des gaz à effet de serre est encore long.

“Les actions des États sont déterminantes”

Malgré la déception concernant les engagements finaux de cette COP27, « il faut se dire que tout ne se joue pas là. In fine, ce sont les actions des États qui sont déterminantes », ajoute Luc Mathieu, tout comme « le travail que nous devons poursuivre, en tant que syndicalistes. Les plans de sobriété sont notamment l’occasion d’engager, au-delà du court terme, des changements sociétaux indispensables ». En attendant la COP28, qui se déroulera aux Émirats arabes unis et devra procéder au premier bilan quinquennal de l’Accord de Paris…