PIC : des résultats encore peu probants mais un effort de transparence

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iconeExtrait de l’hebdo n°3802

Après un déploiement rapide en 2019, le Plan d’investissement dans les compétences a marqué le pas en 2020 en raison de la crise sanitaire, selon le premier bilan qualitatif publié par le conseil scientifique du PIC. D’autres travaux suivront, pour une évaluation au fil de l’eau.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 07/12/2021 à 13h00 et mis à jour le 07/12/2021 à 13h28

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© Frédéric Maigrot/RÉA

Mis en œuvre depuis 2018, le Plan d’investissement dans les compétences, de 15 milliards d’euros, a pour ambition de former un million de demandeurs d’emploi de longue durée et un million de jeunes peu qualifiés sur une période de cinq ans. Le conseil scientifique du PIC dresse un premier bilan détaillé, dont les résultats sont en demi-teinte.

En 2018, année de l’amorçage du plan, les principaux programmes de formation et d’accompagnement ont enregistré près de 820 000 entrées de personnes en recherche d’emploi, un niveau proche de celui observé en 2017, selon le rapport. En 2019 et 2020, environ 200 000 entrées supplémentaires par rapport à ce niveau sont comptabilisées chaque année, dont 100 000 entrées dans de nouveaux programmes créés par le PIC.

Un meilleur taux d’entrées en formation

Le taux d’accès à la formation des demandeurs d’emploi est passé de 8 à 11 %, un gain de trois points pour ceux qui sont entrés en formation en 2019. « Cependant, bien que les peu diplômés soient la cible des actions du PIC, on n’observe pas de rattrapage par rapport aux plus diplômés », observe le conseil scientifique. Et cette hausse des entrées en formation ne s’est pas maintenue par la suite.

« Malheureusement, et sans surprise, cet élan a été brisé par la crise sanitaire », constatent en effet les auteurs du rapport. Le nombre total d’entrées en formation n’a toutefois pas baissé en 2020, mais il est difficile d’attribuer ce maintien au seul PIC. La montée en charge du compte personnel de formation (CPF) autonome – activable depuis l’appli moncompteformation – a, selon le conseil scientifique, compensé la baisse des formations proposées aux demandeurs d’emploi par les régions et Pôle emploi.

Manque de recul

« Il faut se garder de toute conclusion hâtive ; nous manquons de recul, et l’année 2020 était tout de même très particulière, souligne Philippe Debruyne, secrétaire confédéral chargé de la formation professionnelle. L’intérêt de ce plan est de s’inscrire dans la durée. Le fait d’avoir confié à un conseil scientifique indépendant cette évaluation in itinere [“en marchant”] est à saluer. »

Le rapport tente également de mesurer l’impact de la formation sur l’insertion professionnelle. Le taux de retour à l’emploi des personnes (douze mois après leur entrée en formation) est supérieur de sept points à celui des demandeurs d’emploi qui n’ont pas intégré de parcours. Et au bout de deux ans, l’écart est de dix points.

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

« L’action de formation n’est pas la seule explication du retour à l’emploi, explique Philippe Debruyne. Les demandeurs d’emploi qui s’engagent dans une formation le font souvent parce qu’ils ont un projet professionnel, ce qui augmente leurs chances de s’insérer. Cela montre l’importance de l’accompagnement dans la construction du projet. »