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Extrait de l'hebdo n°4016
À la tribune bordelaise, les militants ont salué la qualité du travail effectué pendant la mandature et réaffirmé leur confiance dans l’organisation.

« Mandat intense », « quatre années de folie »… Régulièrement, dans les premières interventions relatives au rapport d’activité, les militants des syndicats ont fait référence au rythme particulièrement soutenu de la mandature écoulée depuis le congrès de Lyon, en juin 2022. En grande majorité pour souligner combien la CFDT avait tenu la barre. « Lors de ces quatre années intenses, la CFDT a assumé sa place de première organisation syndicale », a souligné Hélène Costiou, du Syndicat des établissements de la Défense de Haute Bretagne (SEDHB). « Le rapport d’activité témoigne de notre incroyable résilience », a renchérit Karl Binet, du Syndicat Santé-Sociaux des Deux-Sèvres. La capacité de la CFDT à porter des propositions, à s’imposer dans le débat public pour faire entendre la voix des travailleurs et des travailleuses a été rappelée à plusieurs reprises.
Cela a été particulièrement vrai en ce qui concerne le conflit des retraites de 2023, que beaucoup ont vécu comme un moment de « fierté militante », selon les mots de Carole Fruit, du Syndicat Chimie Énergie Dauphiné-Vivarais. Et qui s’est clôt par une victoire : celle de l’annonce, le 14 octobre 2025, par le Premier ministre Sébastien Lecornu, du retrait de cette réforme des retraites honnie, et qui avait mis des centaines de milliers de gens dans les rues, lors de quatorze journées de mobilisation.

La Fédération des Services ainsi que le Syndicat CFDT francilien de la propreté ont salué la place désormais acquise par les « invisibles » au sein de l’organisation : « Grâce à la CFDT, les essentiels ont pour la première fois été vus et reconnus », a témoigné Manal Salim, largement applaudie. Un combat qu’elle doit poursuivre afin que le sort des salariés du secteur ne retombe dans l’indifférence.
Une CFDT renforcée

En interne aussi, cette mandature aura été dense. « Mais elle a montré une CFDT proche du terrain », a souligné le SEDHB. Les Rendez-vous des syndicats ont été particulièrement appréciés pour ce qu’ils ont représenté de temps d’écoute, de partage, de liens et de recherche de solutions communes… À tel point que le Symetal Alpes-Loire souhaite voir « reconduire cette démarche régulièrement ». La place renforcée des jeunes au sein de l’organisation a également été soulignée, même si « les jeunes ne doivent plus être des témoins de passage », a indiqué Karl Binet, appelant à aller plus loin en matière de dispositifs visant à faciliter l’adhésion des jeunes, en faisant appel, entre autres, à des dispositifs de solidarité financière accrus. La CFDT est donc apparue renforcée, plusieurs militants soulignant leur confiance dans l’organisation et le travail collectif qui a permis, lors de ces quatre années, de rester en première ligne.
“La précarité est un poison”
Les interventions n’auront pas éludé la persistance de difficultés, que le contexte compliqué dans la période (instabilité politique en France, conflits aux conséquences énergétiques et économiques dramatiques, remise en cause des équilibres géopolitiques, etc.) a contribué à aggraver. Le sujet du pouvoir d’achat a notamment émaillé de nombreuses prises de parole, pour rappeler l’urgence de traiter ce problème. Et pas seulement pour des raisons économiques : « La précarité est un poison », a rappelé Leila Khelifa, du Syndicat des Services des Alpes-Maritimes. Un poison qui peut conduire à se tourner, en désespoir de cause, vers des partis politiques promettant des lendemains qui chantent. « Les gens votent aussi avec leur colère », a prévenu Jean-Pierre Parot, du Syndicat Métallurgie du Limousin.
La montée de l’extrême droite inquiète, évidemment, car elle menace la démocratie. Or « sans démocratie, pas de liberté syndicale, pas d’indépendance de la justice, pas de liberté d’expression ni de liberté de la presse et pas de modèle social », a martelé Badiaa Souidi, la secrétaire générale de la CFDT Île-de-France.