Syndicalisme Hebdo prend ses quartiers d'été jusqu'à la prochaine édition le 31 août. Mais la rédaction reste mobilisée tout l'été sur notre site et sur notre compte Twitter @SH_CFDT.

Où en est le déploiement du plan de relance ?

temps de lectureTemps de lecture 4 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3765

Le 8 février avait lieu le deuxième comité de suivi de France Relance, présidé par Matignon. À la fin 2020, 11 des 100 milliards budgétés d’ici à 2022 étaient déjà affectés. Mais la CFDT pointe un manque de visibilité sur les aides mobilisables et le risque d’une logique de guichet par les entreprises, sans objectif de transformation structurelle.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 11/02/2021 à 16h08

Le Premier ministre Jean Castex et plusieurs autres ministres (dont celui de l’Économie, Bruno Le Maire) présentaient le 3 septembre 2020 leur plan France Relance.
Le Premier ministre Jean Castex et plusieurs autres ministres (dont celui de l’Économie, Bruno Le Maire) présentaient le 3 septembre 2020 leur plan France Relance.© Eliot Blondet/Pool/RÉA

Six mois après la présentation en grande pompe du plan de relance, le comité de suivi réunissant partenaires sociaux, associations, experts, parlementaires et élus locaux s’est réuni (en visioconférence) autour du Premier ministre pour un deuxième point d’étape visant à évaluer la dynamique du plan de relance et à formuler quelques recommandations. De son côté, Matignon juge son plan France Relance bien dimensionné. Son montant (100 milliards d’euros, répartis sur deux ans, en trois volets : compétitivité, transition écologique, cohésion sociale) « correspond toujours aux besoins de notre économie […]. Globalement, il a été relevé que les objectifs, les ambitions du plan, son rythme de déploiement ont été jugés satisfaisants par le comité », précisent d’ailleurs les services du Premier ministre. « Les moyens et les objectifs sont là, certes, mais la question de l’efficacité et de la mise en œuvre se pose par endroits », tempère la CFDT.

Près de 500 000 contrats d’apprentissage en 2020

1. Une concertation devrait être lancée dans les prochaines semaines avec les partenaires sociaux sur les conditions d’une prolongation des aides à l’embauche des jeunes au-delà du 31 mars.

À la fin 2020, 11 milliards d’euros avaient déjà été affectés, dont la moitié est axée sur la « mobilité durable » (recapitalisation de la SNCF, verdissement du parc automobile…). Sur le volet dit de cohésion sociale, le plan « un jeune, une solution », mis en place l’été dernier, qui prévoit de substantielles aides à l’embauche, donne ses premiers résultats tangibles, avec la signature de 495 000 contrats d'apprentissage en 2020 (140 000 de plus qu’en 2019) et l’embauche de plus de 1,2 million de jeunes de moins de 26 ans en CDD de plus de trois mois ou CDI, précise le ministère du Travail.1

La CFDT alerte nénamoins sur la nécessité de trouver rapidement des solutions pour les apprentis qui sont « orphelins » et regrette que « les problématiques de précarité, logement, accès aux soins ou à l’alimentation ne soient pas davantage traitées dans le cadre de suivi du plan jeunes ».

En ce qui concerne le volet compétitivité, principalement axé sur le soutien aux entreprises, elle pointe « un manque de compréhension des aides mobilisables par les entreprises qui conduit certaines à ne pas mobiliser les aides auxquelles elles pourraient prétendre » et l’articulation parfois délicate entre mesures économiques et processus de transitions professionnelles.

Qu’en est-il en région ?

Lors de la présentation du plan, figurait la volonté d’une relance dite territorialisée, concrétisée à la fin septembre 2020 par la signature d’un accord de partenariat entre le gouvernement et les Régions. Depuis, cinq accords de relance régionaux ont été signés (en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Bourgogne-Franche-Comté). D’autres sont en cours de finalisation, précise Matignon, dont certains dans les territoires ultramarins. Reste que « l’association des acteurs dans le suivi des mesures se révèle très disparate d’une région à l’autre », note la CFDT, qui s’appuie en la matière sur les remontées régulières de ses fédérations et unions régionales. « Si volonté de co-construction il y a, elle ne se concrétise pas dans la majorité des régions. »

Loin de se cantonner au strict suivi des sommes allouées, la CFDT entend participer pleinement, à l’échelle nationale comme au niveau territorial, à l’élaboration des objectifs stratégiques de la relance et à la construction de mesures permettant d’assurer l’urgence d’un côté et l’accompagnement des mutations de l’autre… Pour mieux préparer l’avenir.