Orpea : deux enquêtes sont ouvertes

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iconeExtrait de l’hebdo n°3809

La parution du livre “Les Fossoyeurs”, à la suite d’une enquête du journaliste Victor Castanet au sein du groupe privé Orpea, a fait l’effet d’une bombe.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 28/01/2022 à 06h50 et mis à jour le 01/02/2022 à 09h39

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© Stéphane Audras/RÉA

1. Spécialiste des cliniques privées et maisons de retraite comptant 354 établissements sur le territoire national.

Privations alimentaires, humiliations, absence de soins, pratiques managériales contestables… : pendant 400 pages, l’auteur rapporte des témoignages de soignants, de résidents ou de familles qu’il a recueillis dans les établissements Orpea1 ces trois dernières années. Tous mettent en exergue des situations de maltraitance systémique chez le numéro un du secteur des soins aux personnes âgées.

« Au vu des témoignages et documents issus de l’enquête, il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’agir sans délai afin de mettre un terme à des pratiques intolérables en matière de prise en charge de personnes vulnérables », insiste Loïc Le Noc, secrétaire national de la CFDT-Santé-Sociaux. Les premiers éléments de réponse ont été apportés le 1er février, avec la convocation du directeur général d’Orpea par la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon. Il devra répondre sur sept points, notamment en ce qui concerne « les pratiques sur l’attribution aux établissements de consommables tels que les protections hygiéniques ou sur les enjeux liés à la nutrition », « les pratiques managériales du groupe concernant les personnels, le taux d’encadrement et le temps de présence effectif des soignants au côté des résidents » ou encore « les pratiques financières du groupe et la sincérité des informations financières ».

1. Inspection générale des affaires sociales.

2. Inspection générale des finances.

Quelques heures plus tôt, la ministre déléguée à l’Autonomie annonçait l’ouverture d’une double enquête administrative et financière confiée à l’Igas1 et à l’IGF2, répondant ainsi à la demande de la CFDT-Santé-Sociaux, qui attendait « une réaction forte de la part du gouvernement et du Parlement ». La fédération réfléchit par ailleurs au bien-fondé de porter l’affaire devant la justice.

Pressions sur les élus

Quoi qu’il en soit, « l’enquête et les témoignages – s’ils se confirment – mettent en lumière ce que nous pressentions depuis des années en matière de maltraitance vis-à-vis des résidents, mais aussi des professionnels des entreprises de la multinationale », complète Fabien Hallet, secrétaire fédéral de la CFDT-Santé-Sociaux chargé des entreprises du lucratif.

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

Les militants syndicaux et le dialogue social ne sont pas non plus épargnés par ces pratiques. « Élus et mandatés subissent des pressions », rappelle Loïc Le Noc. Afin de corroborer les propos rapportés dans l’ouvrage, la CFDT-Santé-Sociaux invite les personnels à prendre contact avec les élus CFDT et à faire remonter leurs témoignages. « La peur doit changer de camp. »