“On ne peut pas dire qu’on voit la piste d’atterrissage”

temps de lecture Temps de lecture 4 min

icone Extrait de l'hebdo n°3998

À deux semaines de la fin de la négociation sur les ruptures conventionnelles, les positions des organisations syndicales et patronales sont plus éloignées que jamais.

Par Anne-Sophie BallePublié le 17/02/2026 à 13h00

Olivier Guivarch, secrétaire national, chef de file CFDT dans le cadre de cette négociation.
Olivier Guivarch, secrétaire national, chef de file CFDT dans le cadre de cette négociation.© Syndheb

Les habitués des négociations paritaires verront sans doute dans l’éloignement maximaliste des positions syndicales et patronales le jeu tactique « classique » de la négociation. « En fins connaisseurs du paritarisme, vous savez que tout se jouera le 25 février [jour de la séance conclusive]… tard », ironisait d’ailleurs un chef de file syndical. Mais, à quinze jours de l’échéance, rarement la voie de passage n’aura semblé si étroite et éloignée. « On ne peut pas dire qu’on voit la piste d’atterrissage », résumait Olivier Guivarch, chef de file CFDT, à l’issue de la troisième séance de négociation consacrée aux ruptures conventionnelles. D’un côté, en effet, la partie patronale évoque « une réunion importante, intéressante et constructive » qui a permis d’aborder « toutes les thématiques ». De l’autre, les négociateurs syndicaux parlent d’un « tour pour rien ».

En cause, le profond désaccord sur l’interprétation du courrier transmis fin novembre 2025 par le ministre du Travail, qui demandait aux partenaires sociaux de négocier « notamment sur l’encadrement des ruptures conventionnelles individuelles » et de générer « une économie d’au moins 400 millions d’euros ». Or, selon le négociateur CFDT, « il reste deux éléments à clarifier du côté patronal [car] ils parlent encore d’un objectif d’économies d’un milliard d’euros et ils évoquent d’autres sujets que la rupture conventionnelle ».

Premières propositions attendues avant la réunion du 19 février

Dans les chiffrages complémentaires présentés par l’Unédic en séance, figurent en effet plusieurs demandes du patronat qui vont bien au-delà du seul périmètre des ruptures conventionnelles : généraliser la dégressivité à l’ensemble des demandeurs d’emploi de moins de 55 ans ; faire passer de 507 à 557 heures le seuil exigé aux intermittents du spectacle afin d’ouvrir droit au chômage ou encore n’indemniser les ruptures conventionnelles que si leurs signataires n’ont pas été au chômage au cours des cinq dernières années… Des « lignes rouges infranchissables » pour les organisations syndicales, autant que l’est l’objectif financier du patronat de conclure cette négociation avec un quantum d’économie d’un milliard d’euros.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Sur la méthode, au moins, les négociateurs semblent s’être mis d’accord pour partager d’ici au début de cette semaine et avant la réunion du 19 février leurs propositions concrètes afin que chaque partie ait le temps de les étudier.