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C’est désormais une certitude : Emmanuel Macron ne parviendra pas à ramener la France au plein-emploi. La publication, le 10 février, des chiffres du chômage1 en France (hors Mayotte) au quatrième trimestre 2025 vient en effet de doucher les derniers espoirs du chef de l’État d’atteindre un taux de chômage à 5 % avant sa fin de mandat. En progression de 0,6 point sur le trimestre, le taux de chômage touche désormais 7,9 % de la population active (soit 2,5 millions de personnes au total), loin de la moyenne de l’Union européenne (5,9 %). Surtout, il atteint, selon l’Insee, « son plus haut niveau depuis 2021 [mais] demeure nettement en dessous de son pic de mi-2015 ». Dans le détail, le nombre d’inscrits en catégorie A (sans activité) à France Travail a augmenté de 1,7 % sur un an ; le taux de chômage des 15-24 ans grimpe de 2,4 points sur un an et atteint désormais 21,5 % de cette tranche d’âge, quand la part des NEET (jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en études) atteint 13 %.
La confrontation des logiques
Si le ministère du Travail se veut rassurant, estimant qu’il s’agit là d’une « hausse modérée à relativiser » au regard des quarante dernières années – durant lesquelles le taux de chômage n’a été inférieur à 8 % qu’en 2000, 2001 et 2008 – les économistes, eux, voient l’augmentation du chômage se poursuivre en 2026 au regard des incertitudes qui minent le terrain national (instabilité politique et budgétaire) et international.
Mais comment expliquer la forte progression du chômage des jeunes ? L’une des hypothèses formulées par l’Insee réside dans la baisse du recours à l’apprentissage, dont le gouvernement a fortement restreint la voilure en réduisant le budget des aides allouées aux entreprises.
Quoi qu’il en soit, la publication de ces chiffres pourrait bien venir alimenter les discussions en cours relatives à l’assurance chômage, les partenaires sociaux étant invités à boucler deux négociations portant l’une sur les ruptures conventionnelles et l’autre sur les contrats courts… Des discussions que le patronat verrait bien élargies à d’autres critères de l’indemnisation des demandeurs d’emploi.