Monoprix de Douai : “Nous ne sommes pas des Kleenex”

temps de lectureTemps de lecture 3 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3825

Le magasin Monoprix de Douai a fermé ses portes le 30 avril. Les sept salariés, tous adhérents à la CFDT, refusent leur nouvelle affectation, décidée sans concertation ni respect des procédures prévues par le Code du travail.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 24/05/2022 à 12h00 et mis à jour le 24/05/2022 à 20h07

Les sept salariés du Monoprix de Douai refusent leur transfert décidé sans concertation par la direction.
Les sept salariés du Monoprix de Douai refusent leur transfert décidé sans concertation par la direction.© Syndheb

Depuis le 16 mai, les salariés du Monoprix de Douai se présentent chaque matin devant les portes fermées du magasin qu’ils ont franchi quotidiennement des dizaines d’années durant. Un acte de résistance pour signifier à la direction le refus de leur nouvelle affectation décidée sans concertation. La fermeture annoncée en février, initialement prévue en mars et retardée grâce au combat mené par ces salariés, a finalement eu lieu à la veille de la journée internationale des travailleurs. Tout un symbole !

Pour justifier sa décision, la direction invoque une baisse de la fréquentation et un chiffre d’affaires en berne. Les salariés, eux, n’ont reçu d’autre message de la direction qu’un avis de nouvelle affectation dans d’autres magasins de l’enseigne, situés à Lille, Marcq-en-Barœul ou Arras. « Il n’y a eu aucune concertation. Le choix du magasin d’affectation a été imposé sans même en discuter. C’est la méthode habituellement utilisée par l’enseigne : on ferme, on repositionne dans un autre magasin et si cela ne convient pas, on signe une rupture conventionnelle », explique Anne-Marie Bouché, responsable de l’Union locale de Douai, qui accompagne les salariés. « Ce que demandent ces salariés, c’est un accompagnement. Notamment pour se repositionner professionnellement, faire un bilan de compétences. ». Alors depuis, ils font bloc.

Soutien de la population

Le 30 avril, jour de la fermeture officielle, une poignée de militants sont venus apporter leur soutien, et se sont joints aux clients, commerçants et habitants de Douai pour un « café solidaire ». Une pétition a reçu 2 000 signatures. « Ni les salariés ni les clients de l’enseigne ne méritent d’être considérés comme des Kleenex® », s’emporte Perrine Mohr, secrétaire générale de la CFDT Hauts-de-France.

« Certains argueront que le cas du Monoprix de Douai n’est qu’une fermeture de plus dans un petit centre-ville, un plan social comme il en existe partout sur le territoire. Mais pas question pour l’URI Hauts-de-France de faire de la solidarité une variable qui dépend de la taille de l’entreprise ou du nombre d’adhérents concernés par une problématique. »