L’OIT brosse le portrait mondial du dialogue social

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iconeExtrait de l’hebdo n°3824

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 17/05/2022 à 12h00

Dans sa présentation du rapport, le directeur général de l’OIT, Guy Ryder souligne le rôle de la négociation collective dans l'atténuation de l'impact la crise covid.
Dans sa présentation du rapport, le directeur général de l’OIT, Guy Ryder souligne le rôle de la négociation collective dans l'atténuation de l'impact la crise covid.© Flickr ILO.org

Premier volet d’une série de rapports sur l’état du dialogue social dans le monde post-Covid, l’étude publiée le 6 mai dernier par l’Organisation internationale du travail (OIT) livre un vibrant plaidoyer en faveur de la négociation collective. En se basant sur l’examen des cadres règlementaires de 125 pays, l’OIT voit dans la convention collective un puissant outil de protection des travailleurs. S’il existe de fortes disparités mondiales entre les pays affichant un taux de couverture de plus de 75 % des salariés (à l’instar de nombreux pays européens) et ceux ayant un taux inférieur à 25 % (les États-Unis par exemple), la présence de conventions collectives contribue activement à la réduction des inégalités en matière de salaires mais aussi d’accès à la protection sociale. Ainsi, « 35 % des salariés dans 98 pays voient leur salaire, leur temps de travail et autres conditions de travail fixés par des négociations collectives entre syndicat et organisation d’employeur », note le rapport.

Pendant la pandémie, « la négociation collective a joué un rôle certain dans l’atténuation de l’impact de la crise Covid, sur l’emploi et les revenus, contribuant à amortir certains effets sur les inégalités », résumait l’OIT. Elle a surtout constitué « un moyen efficace pour les employeurs et les travailleurs de s’entendre sur des solutions inclusives à des préoccupations ou défis communs », mentionne Guy Ryder, le directeur général de l’OIT.

Répondre aux défis de demain

De la même manière, la négociation collective sera un « outil essentiel pour faire face aux changements fondamentaux qui bouleversent le monde du travail », poursuit l’agence tripartite de l’ONU. Raison pour laquelle, « compte tenu de la croissance rapide des diverses modalités de travail [temps partiel, relations d’emploi multipartites, travail des plateformes…] les pays doivent prendre des mesures pour assurer la reconnaissance effective du droit à la négociation collective pour tous les travailleurs ». En somme, faire de la négociation collective un moyen de corégulation capable de contribuer à la gouvernance inclusive et efficace du travail.