Livreurs à vélo : un début de négo encourageant

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iconeExtrait de l’hebdo n°3847

Après une première rencontre, assez formelle, en septembre, les représentants des livreurs à vélo (dont Union-Indépendants) et ceux des plateformes se sont de nouveau retrouvés le 26 octobre.

Par Nicolas Ballot— Publié le 02/11/2022 à 13h00

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© Ludwig Wallendorff/RÉA

« Cette séance a été plus utile que ce à quoi nous nous attendions, se félicite Fabian Tosolini, le délégué national d’Union-Indépendants. Notre crainte était que les plateformes ne parviennent pas à parler d’une même voix, or nous sommes parvenus à discuter des deux sujets majeurs que nous portons. » De fait, cette négociation d’un genre inédit doit permettre d’élaborer un calendrier précis afin de trouver un accord avant la fin de l’année. Ce dernier vise à améliorer la rémunération de ces travailleurs indépendants et leur protection face aux déconnexions liées aux signalements de clients et restaurateurs.

« Nous étions la seule organisation à porter les deux sujets, tandis que les autres représentants des livreurs à vélo privilégiaient l’un ou l’autre, voire aucun des deux », explique Fabian. Preuve de la place centrale d’Union dans ces discussions, l’association partenaire de la CFDT a été désignée pour rédiger l’accord de méthode qui sera soumis lors de la prochaine séance, qui devrait se tenir le 21 novembre.

Risque de dérapage incontrôlé en matière de déconnexions

Si le sujet des rémunérations semble simple à appréhender (mais sans doute moins à négocier avec les plateformes), celui des déconnexions se révèle plus problématique. En effet, Union souhaite que la négociation porte sur une clarification des processus qui peuvent mener à la déconnexion d’un livreur à la suite de commentaires de clients ou de restaurateurs mécontents. « Le premier objectif est de parvenir à plus de transparence, un préalable indispensable pour pouvoir, le cas échéant, défendre les livreurs », insiste Fabian.

En revanche, les déconnexions de livreurs sans papiers, dénoncées et combattues par Union, ne relèvent pas de cette négociation mais de l’application d’une charte signée entre l’État et les plateformes huit jours avant les premières élections de représentativité dans le secteur. C’est en vue d’essayer de mettre fin à ce scandale qu’Union-Indépendants – forte de la mobilisation de livreurs dans plusieurs grandes villes, le 24 octobre – a obtenu un rendez-vous avec le ministère du Travail afin de demander l’application de la circulaire Valls du 28 novembre 2012 (qui ouvre la voie à la régulation des salariés sans papiers) aux travailleurs indépendants.

« L’État a fermé les yeux pendant les confinements quand on avait besoin de lui, il doit désormais permettre à ceux qui travaillent et vivent en France d’être régularisés ! », tonne Fabian, qui pointe le risque de nouvelles déconnexions massives dans les semaines à venir… En septembre dernier, il y en a eu plus de 3 000.