Les salariés des établissements lucratifs demandent aux employeurs de partager leurs profits

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iconeExtrait de l’hebdo n°3845

Ce 18 octobre, les salariés de la branche de l’hospitalisation privée et du médico-social sont en grève à l’appel de la Fédération CFDT Santé-Sociaux. Ils dénoncent des conditions de travail indignes et de trop faibles rémunérations.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 17/10/2022 à 05h50

Jusqu’au jour de la mobilisation, ce mardi 18 octobre, la CFDT-Santé-Sociaux invite les salariés du secteur lucratif à se photographier et à poster leurs photos sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse (ou mot-croisillon, ou hashtag) #PartageTesProfits…
Jusqu’au jour de la mobilisation, ce mardi 18 octobre, la CFDT-Santé-Sociaux invite les salariés du secteur lucratif à se photographier et à poster leurs photos sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse (ou mot-croisillon, ou hashtag) #PartageTesProfits…© CFDT-Santé-Sociaux

« #PartageTesProfits » et « Ma photo, avant que j’me casse ailleurs » : les slogans ont été repris en masse lors des rassemblements organisés dans les territoires et les établissements. Ils ont également été largement relayés sur les réseaux sociaux, dans le cadre d’une action de visibilité numérique afin de rappeler la fragilité de l’ensemble du secteur. « Alors que les grands groupes de la santé lucratifs font des bénéfices sur le dos des salariés, ils négligent leur rémunération et leurs conditions de travail, déplore Loïc Le Noc, secrétaire national de la CFDT-Santé-Sociaux. Or, dans le secteur lucratif, les rentrées financières ne manquent pas. »

La Fédération Santé-Sociaux égrène les chiffres d’affaires des grands groupes ayant pignon sur rue : Orpea, 4,29 milliards d’euros (soit + 9,6 %) en 2021, et 2,29 milliards (soit + 11 % au premier semestre 2022) ; Ramsay, 4,3 milliards (+ 6,9 %) en 2021 ; Korian, 4,31 milliards (+ 11 %) en 2021, etc. Ces données chiffrées sont confirmées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Dress), qui pointe une augmentation du chiffre d’affaires des cliniques privées de 34 % entre 2011 et 2020… contre un accroissement de 5 % des salaires pendant la même période.

Nécessaire révision des classifications et rémunérations

« La progression est confortable », estime la fédération – contrairement à la rémunération des 250 000 professionnels du secteur, majoritairement des femmes. « Il existe à ce jour dans la branche 62 coefficients sous le Smic, rappelle Loïc. Cela signifie qu’un agent de service restera toute sa carrière au-dessous du salaire minimum. » C’est pourquoi la CFDT-Santé-Sociaux revendique une révision des classifications, une équité salariale entre les professionnels du secteur et l’extension du Ségur de la santé à l’ensemble des salariés. Des revendications que les responsables CFDT déposeront directement aux sièges des grands groupes ce 18 octobre lors d’un road trip. Que la route pour se faire entendre semble longue !