Les partenaires sociaux entament les discussions sur la transition écologique

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iconeExtrait de l’hebdo n°3836

Les représentants patronaux et syndicaux se sont réunis, le 8 juillet, pour la première séance d’échanges sur le thème de la transition énergétique en entreprise, inscrit à l’ordre du jour de l’agenda social autonome. Pour la CFDT, l’objectif est d’aboutir à un diagnostic partagé sur les enjeux de transition écologique, leurs conséquences sur l’entreprise, l’activité et l’emploi. Et d’ouvrir les pistes d’action concrètes.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 12/07/2022 à 12h00

Banc d’essai de moteurs thermique et électrique permettant d’étudier le niveau de performance de la propulsion électrique des véhicules automobiles.
Banc d’essai de moteurs thermique et électrique permettant d’étudier le niveau de performance de la propulsion électrique des véhicules automobiles.© RGA/RÉA

Chacun sait aujourd’hui combien l’urgence climatique impose sans tarder une prise en main à tous les niveaux de la transition écologique. L’actualité nous en donne quotidiennement d’éloquentes preuves. Les partenaires sociaux vont donc s’y atteler, lors de la négociation1 entamée le 8 juillet, dans le cadre des travaux de l’agenda social autonome décidé en 2021. Ils se sont donnés jusqu’à la fin de l’année 2022 pour fixer un cadre de discussion et d’action sur les conséquences de la transition en matière d’activité et d’emploi. Certes, le sujet fait partie des nouvelles prérogatives des CSE depuis la loi climat et résilience d’août 2021 mais, dans les faits, il reste trop souvent absent du dialogue social au sein des entreprises.

Vers “un état des lieux partagé”

Trois sujets ont été retenus pour ce qui doit déboucher sur « un état des lieux partagé », comme le souhaite la CFDT : l’impact du changement climatique pour les entreprises ; un état des lieux de la législation en vigueur (trois lois sur la transition écologique ont été adoptées depuis 2017) ; un listage des bonnes pratiques existantes. Selon Philippe Portier, chef de file CFDT dans cette négociation, « le premier enjeu est de partager un diagnostic commun sur ce qu’est cette transition environnementale, ses effets et les moyens d’y répondre. Il est capital que nous parlions le même langage, que nous partagions ce en quoi l’entreprise doit se transformer pour que notre pays soit en mesure de respecter ses engagements de baisse de 55 % de ses émissions en 2030 et de neutralité carbone en 2050 ».

L’accompagnement des salariés, à travers leur reconversion du fait de ces transitions en profondeur, sera crucial. Non seulement à l’échelle des entreprises, mais « sur toute la chaîne de valeur ainsi qu’au niveau des territoires, qui doivent être pris en compte », insiste le secrétaire national.

Baisser de 10 % la consommation d’énergie en deux ans

Le contexte de potentielle pénurie d’énergie à l’automne (liée à la guerre en Ukraine) pèsera inévitablement sur les échanges, tout comme les travaux tripartites lancés par le gouvernement le 1er juillet, qui fixent notamment des objectifs de baisse de 10 % de la consommation d’énergie de la France d’ici à deux ans. Sans oublier la pression que met l’Union européenne afin d’engager une transition industrielle et énergétique en profondeur, en fixant par exemple la fin de la vente des véhicules thermiques en Europe à l’horizon 2035. « À nous, partenaires sociaux, d’être à la hauteur des enjeux, résume Philippe Portier. Il y a cependant un écueil qu’il faudra éviter : celui qui consisterait à écrire de beaux textes, à imaginer des dispositifs innovants et qu’au bout du compte les entreprises ne s’en saisissent pas. » Avec le souhait d’aboutir à un accord « très opérationnel ».