Les équipes CFDT solidaires

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Mobilisation générale

Dès les premiers jours de la guerre, de nombreuses structures et militants CFDT se sont immédiatement mobilisés, partout en France, pour proposer leur aide sous de multiples formes.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 01/04/2022 à 09h00

Les lycéens et professeurs de la
Cité scolaire Montaigne-Delambre, à Amiens, prêtent main-forte à l’opération coordonnée par l’association Centropolis.
Les lycéens et professeurs de la Cité scolaire Montaigne-Delambre, à Amiens, prêtent main-forte à l’opération coordonnée par l’association Centropolis.© Emmanuelle Marchadour

En quelques jours, le lycée Delambre, situé au nord d’Amiens, s’est transformé en véritable centre logistique. Une collecte pour l’Ukraine, lancée spontanément à la faveur de la journée portes ouvertes de l’établissement, le 5 mars, s’est rapidement muée en opération d’envergure, coordonnée par l’association Centropolis, présidée par Flavie Herbette-Engels, militante du Sgen-CFDT (Éducation nationale), ultradynamique. « L’afflux de dons a été tel qu’il a fallu très vite s’organiser », explique Flavie, les cernes bleuis par la fatigue, mais toujours aussi enthousiaste.

Le lycée est devenu le point névralgique, où ont été acheminés les dons et d’où sont partis trois semi-remorques et un camion prêté généreusement par un artisan amiénois à destination de la frontière polonaise.

« En une semaine, nous avons récolté plus de 25 tonnes de produits, mais aussi du matériel médical, des médicaments… », explique Patrice Pertin, le proviseur de la Cité scolaire Montaigne-Delambre, tout en s’activant, entouré d’élèves et de professeurs, autour d’un semi-remorque prêt à partir.

L’originalité de la démarche est d’avoir associé plusieurs classes des deux établissements. Les élèves en bac pro Logistique se sont occupés des opérations de conditionnement, palettisation, chargement, etc. Les élèves en CAP Conducteur routier de marchandises ont, de leur côté, réalisé des ramassages de dons, à bord de leur véhicule école, dans les différentes villes du département. « Au moins, on a l’impression d’être un peu utile », explique Émile, 17 ans, venu spécialement pour le chargement du jour. Au moment d’accrocher la banderole « Nous Somme l’Ukraine » (Amiens étant situé dans la Somme) sur le flanc du camion, Flavie semble touchée par ce vaste élan de solidarité. « Tout le monde veut faire quelque chose. C’est magnifique. »

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© Emmanuelle Marchadour

Les CSE organisent des collectes

Comme à Amiens, les initiatives de solidarité se sont multipliées, en quelques jours voire quelques heures seulement. Dans les entreprises, de nombreux comités sociaux et économiques (CSE) ont organisé des collectes, des appels aux dons en faveur de la Croix-Rouge ou de la protection civile, à l’image du CSE de JDE Professional (secteur de l’agroalimentaire), de Vibracoustic (sous-traitant de l’automobile qui a déjà pu réunir plusieurs palettes parties en Ukraine) ou encore de Capgemini, le groupe spécialisé en conseil. Chez Toyota, l’appel aux dons va être abondé (fois quatre) par la Fondation Toyota à Valenciennes, à hauteur de 2 millions d’euros. Chez Vinci (travaux publics), l’ensemble des organisations syndicales du comité de groupe européen a décidé d’une aide humanitaire de 1 500 euros versée à la Croix-Rouge…

Dans les territoires aussi, les militants CFDT sont à la manœuvre pour coordonner des opérations de solidarité, en s’appuyant sur le réseau des syndicats et des partenaires du Pacte du pouvoir de vivre. Dans l’Aube, par exemple, l’Union territoriale interprofessionnelle s’est mobilisée pour collecter des produits d’hygiène et des médicaments (en lien avec des militants des fédérations Santé-Sociaux et Chimie-Énergie) et mutualise le transport pour faire convoi commun avec l’antenne locale d’Emmaüs à Troyes.

Création d’un réseau d’accueil citoyen

Mais c’est également autour de l’accueil et de l’hébergement des réfugiés que certains élus du personnel se sont engagés. Ainsi, fidèle à l’esprit de cordée qui caractérise le milieu de la montagne, et sous sa double casquette de vice-président de l’ONG Guides sans Frontières et de président du SIM-CFDT (Syndicat interprofessionnel de la Montagne), Yannick Vallençant a créé un réseau d’accueil citoyen des réfugiés ukrainiens en France. « Nous répertorions, sur une carte nationale d’accueil, les adresses des personnes pouvant prêter une chambre ou un appartement », explique-t-il [à retrouver ici]. Lancé le 2 mars, l’accueil solidaire en ligne a déjà reçu plusieurs centaines de propositions de logements.

Il n’est évidemment pas possible de parler de toutes les initiatives tant elles sont nombreuses. Mais il ne faudrait pas oublier de citer les quelques militants partis au pied levé à la tête de convois jusqu’aux villes frontalières de l’Ukraine. Ou encore ces enseignants qui immédiatement ont compris le besoin de fournir des outils pédagogiques pour parler de la guerre aux élèves : « Il nous incombe de les rassurer et de leur faire prendre du recul par rapport à l’actualité », insiste Anne Panvier, l’extraordinaire proviseure du collège Jean Moulin de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, qui a organisé deux séances d’échanges dont une consacrée à la guerre de l’information, ouvertes aux parents. « Le conflit se joue aussi sur TikTok et il y a là un enjeu de coéducation. » Partout, l’engagement militant bourdonne.