Unité et solidarité

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Mobilisation générale

Depuis le début de la guerre, le mouvement syndical parle d’une seule voix pour dénoncer l’invasion russe, tout en apportant son aide aux réfugiés comme aux syndicats ukrainiens restés sur place et qui participent à la lutte.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 01/04/2022 à 09h00

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© ETUC-CES

En Belgique, en France, en Australie ou au Canada, partout les mêmes couleurs, le bleu et le jaune, celles du drapeau ukrainien, et partout le même slogan « Solidarité avec l’Ukraine ». Depuis le début de la guerre, le monde se mobilise.

Un mouvement auquel participe tout naturellement le monde syndical. La Confédération syndicale internationale (CSI), qui représente 207 millions de travailleurs de 163 pays à travers ses 331 organisations affiliées (dont la CFDT), a dénoncé l’invasion russe sans ambiguïté et constate la mobilisation sans précédent de ses membres. « Depuis le début du conflit, nous assistons à un formidable élan de solidarité de tous nos affiliés », confirme Tim Noonan, directeur du service Communication de la CSI.

Les initiatives se multiplient

Le mouvement syndical européen est en première ligne. Les initiatives se multiplient dans tous les territoires et tous les secteurs professionnels. Collecte, organisation de convois, transport et accueil des réfugiés… Il y a un désir de faire, d’agir, de ne pas rester spectateur d’une guerre et d’une crise humanitaire. « Cette solidarité avec nos camarades qui luttent en Ukraine, mais aussi avec ceux qui défient les autorités en Russie, est indispensable », insiste Laurent Berger, à la fois comme secrétaire général de la CFDT et président de la Confédération européenne des syndicats (CES).

En Autriche, le syndicat ÖGB a ainsi fait parvenir 15 tonnes de matériel et de vivres à l’Ukraine. Des militants de la Confédération nationale des syndicats libres de Roumanie ont organisé des convois d’aide humanitaire. En Slovaquie et en Hongrie, les syndicalistes apportent assistance aux réfugiés, assurent leur transport et leur hébergement. Quelques exemples parmi tant d’autres. « Nous, syndicalistes, avons un rôle important à jouer dans l’accueil des réfugiés. Je tiens à encourager et à saluer les initiatives qui se multiplient partout dans les territoires, les entreprises et les administrations », insiste Laurent Berger.

Porter et défendre les valeurs de démocratie

En plus de cette aide concrète, le mouvement syndical se fait aussi entendre des décideurs pour porter les valeurs de solidarité et la défense de la démocratie. « Avec la CES, nous agissons auprès des institutions européennes, nous appelons au maintien des pressions financières et économiques et à l’accentuation des sanctions visant le régime russe et ses soutiens », explique Laurent Berger.

Si les mesures prises jusqu’à présent vont dans le bon sens, celles-ci doivent aussi s’accompagner de changements structurels au sein de l’Union européenne, parmi lesquels sa dépendance aux hydrocarbures russes. Et d’ajouter : « L’invasion de l’Ukraine nous fait entrer dans une nouvelle ère qui exige plus que jamais l’unité des Européens. Elle aura de lourdes conséquences si l’on veut défendre notre modèle et nos valeurs démocratiques. »

“Nos adhérents du syndicat de l’énergie assurent la maintenance du réseau électrique pour faire face aux coupures de courant. Ces travailleurs sont des héros […]”

Olesia Bryazgunova, militante du service international de la KVPU.

Côté ukrainien, cette mobilisation des organisations syndicales, et plus généralement de la société civile, fait chaud au cœur, témoigne Olesia Bryazgunova. Cette jeune militante du service international de la KVPU (Confédération des syndicats libres d’Ukraine) a quitté Kiev, la capitale, après l’invasion par l’armée russe pour se réfugier dans l’ouest du pays, d’où elle continue la lutte.

Malgré la peur, malgré les bombardements, les syndicalistes ukrainiens s’efforcent de soutenir la population. Ils restent mobilisés 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

« Nos camarades du syndicat des mineurs ou du syndicat des chemins de fer utilisent leurs outils et leurs compétences pour fabriquer des chauffages et les mettre à la disposition des civils et des soldats. Nos adhérents du syndicat de l’énergie assurent la maintenance du réseau électrique pour faire face aux coupures de courant. Ces travailleurs sont des héros, poursuit Olesia. Grâce aux cotisations de nos adhérents et aux dons qui nous parviennent, nous distribuons aussi de la nourriture, des vêtements à la population et nous remettons des médicaments aux hôpitaux. »

La KVPU participe également aux opérations d’évacuation des civils. En lien avec les organisations syndicales moldaves, roumaines ou polonaises, les militants dirigent les réfugiés vers les différents centres d’hébergement ouverts à l’étranger et organisent leur accueil.

« Nous restons debout parce que nous nous battons pour la paix. Nous restons debout parce que nous nous battons pour la démocratie. Nous restons debout parce que nous faisons le choix de l’Europe, martèle Olesia. Mais nous avons besoin de votre aide. »