Le Sgen-CFDT et la FEP appelaient à la grève le 13 janvier

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iconeExtrait de l’hebdo n°3806

[Mise à jour du 13 janvier] Devant la mobilisation massive des enseignants et personnels des établissements scolaires, le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ont reçu en fin d’après-midi les représentants des organisations syndicales, en présence d’Olivier Véran, ministre de la Santé, en visio. Plus d’infos à venir dans Syndicalisme Hebdo.  

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 10/01/2022 à 10h20 et mis à jour le 13/01/2022 à 17h50

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© Thierry Nectoux

La progression fulgurante du variant Omicron désorganise la vie dans les établissements scolaires. Les fédérations CFDT alertent sur le risque d’effondrement du système et ont appelé à la grève le jeudi 13 janvier.

[Mise à jour du mardi 11 janvier] Malgré les nouvelles mesures, le mécontentement monte

  • La Fédération Interco (et plus particulièrement les personnels des établissements scolaires employés par les collectivités locales) se joint au mouvement de grève du 13 janvier. « Le manque de concertation entre les collectivités territoriales et l’Éducation nationale est de plus en plus criant et aggrave une situation déjà complexe en augmentant la dégradation des conditions de travail et en exposant le personnel à un risque plus élevé de contamination !», twittait Interco le 11 janvier.
  • Même appel à rejoindre le mouvement lancé par la CFDT-Services, qui, dans un communiqué intersyndical, appelle à la grève des assistantes maternelles du particulier employeur le 13 janvier « afin d’exprimer leur mécontentement et d’obtenir des mesures plus protectrices dans le cadre de leur activité professionnelle».
  • Un protocole de plus ! Jean Castex a annoncé le 10 janvier un allègement des mesures sanitaires à l’école. Le test PCR ou antigénique si l’élève est cas contact se voit remplacé par trois autotests successifs et une attestation sur l’honneur des parents ; les élèves cas contacts peuvent rester en classe jusqu’à la fin de la journée. Ces nouvelles mesures, qui visent à désengorger les pharmacies et faciliter la vie des parents, ne risquent pas de calmer la colère des personnels, de fait moins protégés.
  • « L’exaspération des personnels est à son comble et totalement légitime, estimait de son côté Laurent Berger dans un tweet du 9 janvier. La CFDT s’associe à la grève du 13 janvier pour qu’enfin le ministère entende la réalité du terrain et apporte des solutions.»

Devant la pagaille provoquée par une situation sanitaire hors de contrôle, le Syndicat général de l’Éducation nationale (Sgen-CFDT) et la Fédération Formation et Enseignement privés (FEP) ont fait le choix d’appeler à la grève le 13 janvier. Une décision longuement débattue avec tous les syndicats depuis jeudi dernier et finalement prise ce week-end.

Une situation qui vire au chaos…

« Certaines des revendications qui figuraient dans le texte de l’alerte sociale déposée par le Sgen-CFDT le 6 décembre ont abouti mais ne se traduisent pas partout sur le terrain », indiquent les secrétaires généraux Catherine Nave-Bekhti et Laurent Lamberdière dans un communiqué commun. Parmi les quelques avancées, un allègement des tâches ou le report des formations et des animations pédagogiques. Les masques chirurgicaux tant réclamés seront enfin fournis, s’est engagé le Premier ministre… mais pas avant la fin de ce mois de janvier.

La réalité est là : la situation au sein des établissements vire au chaos. « Les absences d’élèves, de personnels dans l’ensemble des métiers sont parfois tellement nombreuses qu’il n’y a plus aucun sens pour personne à affirmer que les classes sont ouvertes, expliquaient les fédérations dans leur communiqué du 7 janvier. La charge de travail est énorme pour l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, qui tiennent le système à bout de bras depuis deux ans. »

… Et l’épuisement de tous les agents

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

Les deux fédérations alertent sur « un risque d’effondrement du système éducatif par impossibilité de fonctionner, par épuisement de tous les agents. » Et de poursuivre : « Il n’est pas vrai que les remplacements sont assurés. Il n’est pas vrai que maintenir des classes ouvertes garantit la continuité pédagogique quand il n’y a qu’un quart, un tiers, voire la moitié des élèves qui ne sont pas présents. […] Il ne s’agit pas seulement de passer le pic de la vague Omicron, mais bien de sauvegarder le système éducatif dans le respect de ses agents et au bénéfice de tous les élèves. »