Le pouvoir d’agir contre la misère

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iconeExtrait de l’hebdo n°3795

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 16/10/2021 à 07h44

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© ATD Quart Monde

« Cap sur la dignité et droitS devant », revendique ATD Quart Monde, ce dimanche 17 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Derrière le slogan, il y a cette réalité toujours plus dramatique : 9,3 millions de Français (dont 3 millions d’enfants) vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté monétaire (1 063 euros par mois en 2018).

« Au-delà des privations matérielles, […] la pauvreté, c’est vivre sans avoir de contrôle sur sa propre vie. C’est être forcé à une dépendance – aux minima sociaux, aux services administratifs, aux choix que d’autres font pour vous, au point de toujours dire “oui” de peur de tout perdre, détaille ATD Quart Monde. C’est être empêché de se projeter. C’est être dépossédé de son pouvoir d’agir. »

Avec la crise, le nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) a significativement augmenté pour atteindre 2,1 millions de ménages ; or ce revenu n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la pauvreté, les moins de 25 ans n’ayant pas accès au RSA.

Les jeunes sont nettement plus touchés

On le sait, ce sont les jeunes qui figurent parmi les principales victimes de la crise. « Si le chômage baisse, la pauvreté, elle, explose, en particulier chez les jeunes, confirme ainsi Laurent Berger dans une récente interview au Parisien. Nous nous battons pour que la Garantie jeunes universelle soit étendue à un million de jeunes avec des moyens d’accompagnement et une allocation du niveau du RSA. »

Autre signe particulièrement inquiétant et qui oblige la société à réagir : la prégnance de la pauvreté chez les plus jeunes. « Les enfants de moins de 16 ans sont plus touchés que la moyenne ; 26,1 % sont en situation de pauvreté monétaire ou de privation matérielle et sociale en France », révélait une étude de l’Insee publiée le 1er septembre.

Une injustice à la naissance qui entraîne des conséquences tout au long de la vie. « Un enfant qui naît dans une situation de pauvreté a treize ans d’espérance de vie en moins », dénonce ATD Quart Monde. Parce qu’elles n’acceptent pas cet état de fait, les 65 organisations du Pacte du pouvoir de vivre – lancé à l’initiative de la CFDT et dont ATD Quart Monde est membre – ne cessent de réclamer un accès de toutes et tous aux droits fondamentaux : logement digne, éducation, formation ou encore accès aux services publics dans tous les territoires.

S’engager pour le pouvoir de vivre, c’est « s’engager pour le pouvoir d’agir, c’est remettre les droits humains au cœur de la vie en société. C’est sortir de cette stigmatisation dans laquelle sont enfermées les personnes en situation de pauvreté, qui mène à l’incapacité de reconnaître ce qu’elles peuvent apporter à la société », conclut ATD Quart Monde.