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Le goût de l’engagement, la force de l’organisation

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iconeExtrait de l’hebdo n°3812

Connue pour son dynamisme, son organisation et sa pertinence politique, l’Union territoriale Drôme-Ardèche défend un syndicalisme retraité de revendications et d’action. Pleinement dans la CFDT, ses militants s’apprêtent à débattre pour amender l’avant-projet de résolution confédéral tout en se mobilisant sur le pouvoir d’achat, l’un des sujets forts de la période.

Par Jérôme Citron— Publié le 22/02/2022 à 13h00

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© Syndheb

Orpea… Impossible, pour les militants aguerris de l’Union territoriale des retraités CFDT Drôme-Ardèche, de passer à côté d’un tel scandale. Après avoir milité des années afin qu’une loi sur l’autonomie et le grand âge soit enfin votée, après avoir revendiqué de meilleures conditions de travail pour les métiers du secteur et après avoir constaté l’inaction des gouvernements successifs, l’UTR Drôme-Ardèche est de nouveau sur le pont. Cette fois, il s’agit de recenser les adhérents qui ont un parent ou un conjoint vivant dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en vue de faire remonter les informations, d’identifier les besoins et de construire des revendications. Pas de doute, le savoir-faire CFDT est parfaitement maîtrisé par ces retraités qui ont tous un passé de militant syndical dans le privé ou le public.

Les commissions « action revendicative » et « action sociale » sont à l’œuvre : il faut rédiger un article qui sera publié dans la lettre interne, réfléchir au contenu d’un tract… « Nous devons inciter les adhérents à investir les conseils de vie sociale des Ehpad. Nous pouvons les aider, et même organiser des formations pour qu’ils se sentent à l’aise dans ce rôle », explique l’un des participants. « Nous devons penser aussi à communiquer auprès des adhérents en activité », renchérit un autre. « Si nous parvenons à créer un petit groupe concerné par le sujet et prêt à bosser, ce sera déjà une étape importante. Il ne faut pas s’attendre à avoir des centaines de retours », précise un troisième.

Une UTR organisée, structurée, solide !

Ce travail en cours concernant les Ehpad illustre à merveille la réalité de l’UTR Drôme-Ardèche. Forts de leurs convictions, ses militants s’emparent collectivement des sujets qui leur tiennent à cœur dans l’optique de peser sur les politiques publiques et réaffirmer les valeurs de dialogue et de solidarité propres à leur engagement CFDT. Avec 864 adhérents dans deux départements, l’UTR est bien connue pour son dynamisme et une organisation au cordeau. Le bureau se réunit une fois par mois, le conseil au moins trois fois dans l’année. À cela s’ajoutent cinq commissions (« action sociale », « action revendicative », « développement », « formation » et « communication ») et des groupes de travail ponctuels. Deux sont en cours : le premier sur les loisirs, le second sur la mutuelle. Toute personne est la bienvenue car seule l’envie de bosser et de s’investir compte.

« Nous sommes connus pour être bien organisés, bien structurés », résume Mireille Depit, trésorière de l’UTR et grand manitou pour tout ce qui concerne les retraites (tant pour les actifs que pour les retraités). « On est solide, ça roule », renchérit le secrétaire général Raymond Rinaldi. Preuve en est, les retraités de Drôme-Ardèche siègent aujourd’hui dans 35 CCAS (centres communaux d’action sociale) après avoir candidaté dans 70 communes. Un résultat impressionnant quand on sait que tout se joue dans les deux mois pendant lesquels se renouvellent les conseils municipaux. Pas étonnant, donc, que cette UTR se soit vu confier le soin d’accueillir le prochain congrès de la CFDT-Retraités, en 2023.

Mireille et Raymond, ces deux militants chevronnés qui ont chacun eu des responsabilités dans l’organisation au cours de leur vie active, considèrent que le syndicalisme retraité est à la fois différent de celui des actifs et un prolongement de leurs engagements précédents. « Souvent, il faut un sas entre les deux, souligne Mireille. Un militant peut avoir besoin de faire une pause avant de s’investir à nouveau. Personnellement, j’ai mis plusieurs années avant de reprendre des responsabilités. Nous devons en tenir compte. Une personne qui n’a pas voulu s’investir dans le syndicalisme retraité au moment de son départ à la retraite ne doit pas être oubliée par l’organisation. Il faut savoir la solliciter au bon moment. »

La mission première de l’union territoriale de retraités

Si les militants des départements de la Drôme et de l’Ardèche sont souvent sollicités pour donner un coup de main ou dépatouiller un dossier difficile grâce à leur réseau ou leurs connaissances (ils le font avec plaisir et gentillesse), Mireille comme Raymond tiennent toutefois à préciser que la mission première d’une UTR n’est pas de rendre des services ou d’organiser des voyages mais bien de débattre, revendiquer, se mobiliser, convaincre les décideurs. Une rencontre avec le préfet de région devrait par exemple avoir lieu prochainement au sujet du pouvoir d’achat… et les candidats aux élections législatives dans ce territoire vont forcément entendre parler de l’UTR. « La socialisation, la convivialité, c’est davantage dans les unions locales de retraités, même si nous travaillons aussi dans la bonne humeur », ajoute Raymond, qui enchaîne sur son souhait de travailler davantage avec les organisations du Pacte du pouvoir de vivre… Militant un jour, militant toujours !

D’ici là, l’UTR devra également amender l’avant-projet de résolution du 50e congrès confédéral. Un premier débat est déjà prévu avec les adhérents volontaires. Là encore, pouvoir bénéficier d’un bureau qui sait parfaitement ce qu’est un texte de congrès et comment on peut l’amender se révèle d’une grande richesse. La qualité des débats s’en ressent, évidemment. « Les militants CFDT des entreprises sont tellement pris dans leur quotidien qu’ils n’ont pas forcément le temps de débattre ou de lever le nez du guidon. Nous, nous pouvons nous offrir ce luxe et ce plaisir. Certains militants nous disent même qu’ils ont hâte d’être à la retraite pour se remettre à débattre », rigole Mireille, qui rencontre beaucoup de personnes de cette catégorie. Depuis plusieurs années, elle assure des formations de préparation à la retraite – un bon moyen d’identifier la relève et de préparer sa succession. Mais il y a encore du temps puisque le dernier congrès de l’UTR ne date que de 2021 !

Mireille Depit est la trésorière de l’UTR CFDT Drôme-Ardèche, Raymond Rinaldi en est le secrétaire général.
Mireille Depit est la trésorière de l’UTR CFDT Drôme-Ardèche, Raymond Rinaldi en est le secrétaire général.© Syndheb