Le Contrat d’engagement jeune entre en vigueur

temps de lectureTemps de lecture 3 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3814

La nette baisse du chômage de ces derniers mois (revenu à 7,4 % de la population active) n’a pas fait totalement oublier que les jeunes restent les premières victimes économiques et sociales de la crise. Dans la droite ligne de son plan “1 jeune, 1 solution”, l’exécutif s’intéresse cette fois aux jeunes sans formation ni emploi, avec le déploiement d'un nouveau dispositif qui remplace la Garantie jeunes.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 08/03/2022 à 13h00

image
© Stéphane Audras/RÉA

C’est sur « ceux qui ont quitté l’école très tôt et qui, pour beaucoup, ont perdu confiance en eux », que Jean Castex a braqué les projecteurs, le 1er mars, lors du lancement officiel du Contrat d’engagement jeune. Destiné aux personnes âgées de 16 à 25 ans qui ne sont ni étudiants ni en formation et qui rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi durable, le CEJ propose un accompagnement intensif renforcé (de 15 à 20 heures par semaine durant toute la durée du parcours) recouvrant aussi bien des périodes de formation, de mise en situation professionnelle ou d’aide dans les démarches liées à l’autonomie du jeune, précise l’exécutif – en contrepartie d’une allocation pouvant atteindre 500 euros par mois. « Son cadre contractuel implique de la part des jeunes volontaires de s’engager pleinement [dans ce dispositif] qui remplacera progressivement la Garantie jeunes », note la CFDT. Calibré pour 300 000 jeunes en 2022, le CEJ reste un droit ouvert (sans plafonnement) et pourrait, à terme, intégrer plus de jeunes1.

Une étape vers la Garantie jeunes universelle ?

Si la CFDT partage la philosophie du dispositif, jugé comme « une étape vers la création en France d’une véritable Garantie jeunes universelle » qu'elle continue d’appeler de ses vœux, elle alerte le gouvernement sur certains points problématiques, à commencer par l’introduction d’un système de sanctions qui peut amoindrir la confiance du jeune dans la relation à son référent unique – cette confiance même que le gouvernement souhaite justement redonner aux jeunes. « Le système de contrôle très exigeant avec une possibilité de recours limité et la suppression du droit à l’erreur qui était un acquis de la Garantie jeunes et qui disparaît avec le CEJ n’est pas de nature à rassurer », développe Inès Minin, secrétaire nationale chargée de la jeunesse.

Le danger d’un déploiement trop rapide

À compter du 1er mars, les 150 000 jeunes actuellement accompagnés en mission locale dans le cadre de la Garantie jeunes sont invités (sur la base du volontariat) à basculer en CEJ et pourront être accompagnés par l’un des trois opérateurs identifiés1. « Attention à un déploiement trop rapide, alerte par ailleurs la CFDT, au risque de manquer ou, à tout le moins, de remettre en cause les objectifs qualitatifs visés. La ministre du Travail s’est engagée à ce que les partenaires sociaux soient associés au suivi territorial du dispositif. Nous y veillerons ! », conclut Inès Minin.