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Extrait de l'hebdo n°4012
Réunis vendredi 22 mai, les participants à la conférence Travail Emploi Retraites ont entamé une nouvelle phase, plus opérationnelle. L'objectif est de sortir des réflexions en silo pour établir des ponts entre les trois sujets.

La conférence Travail Emploi Retraites (TER) accélère. Après une première phase de discussions au cours de laquelle les trois sujets ont été abordés séparément, les organisations syndicales et patronales (sauf le Medef, toujours absent des discussions) ont commencé, vendredi 22 mai, à établir des passerelles entre ces trois thèmes.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait d’ailleurs fait le déplacement pour ouvrir cette deuxième phase : « Le moment est maintenant venu pour la conférence de s’engager dans une phase plus opérationnelle : formuler des propositions, exprimer les points de convergence dans le respect des sensibilités particulières de chacune de vos organisations, et ne pas cacher les divergences, a-t-il insisté. Si cette conférence TER n’est pas une enceinte de négociation, elle doit être utile ! »
Et le temps presse. Un document final – un livrable, dans le jargon – écrit par les trois garants (Jean‑Denis Combrexelle, qui occupe la fonction de « garant coordinateur », Anne‑Marie Couderc et Pierre Ferracci) est attendu pour la fin de l’été. D'ici là, il reste une séance le 19 juin, une autre le 1er juillet, consacrée exclusivement à l’atelier retraites, et une dernière le 3 juillet. « La bonne nouvelle, c’est que l’on sent une volonté de la part de la grande majorité des organisations d’aboutir à des propositions concrètes », analyse la secrétaire nationale Isabelle Mercier qui est chargée de la partie « travail » de la conférence.
Trois thématiques
À ce stade des discussions, trois grandes thématiques ressortent et pourraient faire l’objet d’une attention particulière dans ce livrable : l’intelligence artificielle, qui est en train de bouleverser le monde du travail, la pénibilité et l’usure professionnelle, au sujet desquelles les attentes sont extrêmement fortes, et la jeunesse, son insertion professionnelle et ses attentes en matière d’organisation du travail. « La qualité du travail que nous serons à même de proposer aux nouvelles générations est une des clefs pour le futur de notre système social et pour l’équilibre de nos retraites », insiste Isabelle Mercier.
Ces thématiques (IA, pénibilité, jeunesse) ont d’ailleurs l’immense mérite de rappeler à quel point les questions du travail, de l’emploi et des retraites sont liées. Tout l’enjeu pour cette conférence est ainsi de parvenir à avancer dans les trois directions pour faire système. « La CFDT l’a dit et redit : la question des retraites ne peut être abordée sans parler du vécu des travailleurs. C’est bien l’erreur qui a été faite lors de la dernière réforme », conclut Isabelle Mercier.