La Chine fait taire le mouvement syndical hongkongais

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iconeExtrait de l’hebdo n°3793

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 05/10/2021 à 12h00

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© Tsz Yuk Alex Chan/Sopa Images/Zuma/RÉA

« Il n’y a plus de place pour la survie de la HKCTU. Nous n’avons pas d’autre choix que d’annoncer la dissolution de notre organisation », ont annoncé les membres du comité exécutif de la HKCTU (Hong Kong Confederation of Trade Unions), le 22 septembre dernier. Un nouveau coup dur porté à la démocratie et à la société civile de ce pays de 7,5 millions d’habitants. Ces derniers mois, l’étau ne cessait de se resserrer autour des responsables de l’organisation, forte de ses 190 000 membres – en témoigne la condamnation en juin dernier de Lee Cheuk-yan, le secrétaire général, à une peine de prison de dix-huit mois pour avoir participé et organisé un « évènement non autorisé ».

« Face à des attaques et à des intimidations sans précédent de ses membres, accusés de contrevenir à la loi sur la sécurité nationale, la dissolution est aujourd’hui la seule option qui reste, elle prive ainsi les travailleurs de leurs protections fondamentales garanties par le droit international », a déploré la Confédération syndicale internationale (CSI).

Tant qu’il y aura des travailleurs, la HKCTU survivra

« Les trente et un ans d’histoire de la HKCTU ont été témoin de l’ascension et de la chute de la société de Hong Kong. Néanmoins, tant qu’il y aura des travailleurs, le mouvement ouvrier continuera de se développer. Les valeurs et l’esprit de solidarité de HKCTU ne disparaissent pas. Nous espérons que nos efforts serviront de ressources pour cultiver le mouvement syndical de demain », a lancé le président du syndicat, Wong Nai-yuen.

« L’ensemble du mouvement syndical international exprime sa solidarité aux camarades de Hong Kong. Nous continuerons à lutter à vos côtés pour garantir le respect de vos droits fondamentaux », insiste Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.