La CFDT signe l’accord sur les retraites complémentaires

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Le bureau national de la CFDT a validé à l’unamité l’accord sur les retraites complémentaires Agirc-Arrco vendredi 23 juillet. Trois séances de négociation auront permis de trouver un terrain d’entente pour faire face à la dégradation des comptes des régimes due à la crise sanitaire.

Par Jérôme Citron— Publié le 23/07/2021 à 10h03 et mis à jour le 23/07/2021 à 15h31

L’avenant validé par la CFDT permet au système de faire face à la crise sanitaire sans remettre en question les grands équilibres qui ont conduit à l’accord de 2019.
L’avenant validé par la CFDT permet au système de faire face à la crise sanitaire sans remettre en question les grands équilibres qui ont conduit à l’accord de 2019.© Lanier/RÉA

La négociation ne se prolongera pas à la rentrée. Après trois séances de négociation, les partenaires sociaux sont parvenus à un projet d’accord sur les retraites complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco) jeudi 22 juillet. Le texte est à présent soumis à la signature des instances de chaque organisation. Le bureau national de la CFDT l’a validé le 23 juillet. La CFTC a laissé entendre qu’elle fera de même. La CGT et la CFE-CGC ont en revanche clairement affiché leur désaccord tandis que Force ouvrière ne devrait pas être signataire, sans pour autant s’opposer franchement au texte.

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef-adjoint de CFDT Magazine

Pour mémoire, cette négociation avait pour objectif de faire face à la dégradation des comptes de l’Agirc-Arrco provoquée par la crise sanitaire. D’un côté, le patronat souhaitait prendre des mesures drastiques pour retrouver la trajectoire financière initialement prévue (avant la Covid) le plus rapidement possible. De l’autre, les organisations syndicales plaidaient pour lisser les efforts dans le temps.

Un accord équilibré, mesuré et responsable

Le texte de l’accord (il s’agit d’un avenant à l’accord du 10 mai 2019) prévoit finalement d’accorder davantage de latitude au conseil d’administration de l’Agirc-Arrco. Dans l’accord de 2019, il est en effet prévu que le conseil d’administration peut décider de faire évoluer les pensions chaque année selon l’inflation avec une marge de plus ou moins 0,2 point. Avec cet accord, la fourchette devient plus ou moins 0,5 point. « Alors que les organisations patronales souhaitaient au départ négocier une sous-indexation des pensions pendant plusieurs années, elles se sont ralliées à la position de la CFDT », explique le secrétaire national qui a mené cette négociation, Frédéric Sève.

Concrètement, en octobre prochain, le conseil d’administration devra déterminer l’évolution des pensions (pour une application en novembre). Face à la dégradation des comptes, nul doute qu’il sera demandé un effort pour 2021, qui devrait être l’inflation moins 0,5 point. En revanche, rien n’est acté pour 2022, ce qui laisse le temps aux gestionnaires de voir venir (quel sera le niveau de la reprise économique, de l’espérance de vie, etc.).

« C’est un accord équilibré, mesuré et responsable, résume Frederic Sève. Il protège le pouvoir d’achat des actifs et les efforts demandés aux retraités sont encadrés et seront débattus chaque année en fonction de l’évolution de la situation financière du régime. Cet avenant permet donc au système de faire face à la crise sanitaire sans remettre en question les grands équilibres qui ont conduit à l’accord de 2019, signé à l’époque par l’ensemble des organisations syndicales, à l’exception de la CGT. »