La CFDT demande une procédure de sauvegarde pour Asalée

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icone Extrait de l'hebdo n°3998

Alors que l’association à but non lucratif est confrontée à de graves difficultés financières, la CFDT Santé-Sociaux appelait, le 10 février dernier, à une action immédiate pour sécuriser les postes des infirmières et assurer la continuité des soins.

Par Guillaume LefèvrePublié le 17/02/2026 à 13h00

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© JPL/RÉA

Sauver 2 080 emplois, garantir le suivi médical des patients et assurer la pérennité de leur entreprise… « La demande d’une procédure de sauvegarde revêt un triple objectif », résume Benjamin Vitel, secrétaire national de la CFDT Santé-Sociaux. « Nous voulons donner de la visibilité aux salariés et obtenir la transparence sur l’état financier de l’association. Il faut une mobilisation rapide pour réorganiser la structure, éviter la cessation de paiement », poursuit Stéphane Delon, délégué syndical de l’entreprise Asalée.

Haut niveau d’inquiétude

L’urgence est grande et les inquiétudes sont multiples pour les infirmières qui, aux côtés de médecins généralistes, assurent un suivi des patients atteints de maladies chroniques. « On ne sait clairement pas où on va. Les salariées vont mal, et la direction est aux abonnés absents. Elle ne répond pas à nos interrogations légitimes », alerte Bettina Leduc, déléguée syndicale d’entreprise CFDT. La décision d’annuler unilatéralement le CSE extraordinaire prévu en février en est le dernier et énième exemple.

Les retards de paiement des salaires de janvier 2026 ne sont pas de nature à rassurer les salariés. Benjamin Vitel souligne d’ailleurs que l’association demeure en conflit ouvert avec la Cnam1, son financeur, qui lui verse annuellement les 100 millions d’euros nécessaires à ses activités.

Café CSE hebdomadaire pour compenser un dialogue social au point mort

Dans un rapport de juillet 2025 relatif au contrôle et au déploiement du dispositif Asalée, l’Igas2 pointait déjà « de multiples dysfonctionnements en termes d’organisation et de pilotage et de nombreuses irrégularités, tant en ce qui concerne la mise en œuvre des conventions conclues avec l’assurance maladie que du droit des associations, du travail et de la commande publique ». L’institution formulait d’ailleurs à cette occasion un certain nombre de recommandations : trente-deux à destination d’Asalée, treize à l’assurance maladie et cinq au ministère de la Santé. Parmi celles-ci, un chapitre dédié à la professionnalisation « de la gestion des ressources humaines, des relations de travail et du dialogue social ».

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

En attendant d’y voir plus clair et afin de tenir les salariés au courant des évolutions en cours, un café CSE hebdomadaire a été mis en place. « On est tous et toutes isolés sur l’ensemble du territoire, il est essentiel de veiller à ce que les salariées reçoivent les bonnes informations en temps et en heure », précise Bettina Leduc.