Bosch : deux PSE de trop pour l’industrie automobile

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icone Extrait de l'hebdo n°3998

Le groupe allemand Bosch poursuit sa restructuration en France avec deux nouveaux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), dans un contexte de ralentissement du marché automobile européen.

Par Sabine IzardPublié le 17/02/2026 à 13h00

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© Xavier Popy/RÉA

Les PSE s’enchaînent chez l’équipementier automobile Robert Bosch France. Après Rodez (Aveyron), les salariés ont appris, fin janvier 2026, la fermeture de deux nouveaux sites : l’usine de production de systèmes de stabilisation électronique de Moulins (Allier), qui doit fermer d’ici à la fin 2026, avec 270 emplois menacés, et le bureau d’études de Vénissieux (Rhône), où une trentaine d’emplois sont concernés.

Lors de la réunion du CSE, la direction a justifié cette réorganisation par la dégradation du marché automobile européen et une diminution de son chiffre d’affaires. Afin de « préserver sa compétitivité à long terme, Bosch doit réduire ses coûts » ; « des ajustements structurels sont inévitables », indiquait l’entreprise à l’AFP, le 20 janvier dernier. Selon Choukri Errachidi, le coordinateur CFDT et secrétaire du CSE de Vénissieux, la coupe est pleine.

Bosch ne veut plus investir en France

« À Vénissieux, ils veulent la fermeture du site au 30 juin 2026 », explique le militant, qui n’est pas surpris par cette nouvelle annonce. « Depuis 2020, nous travaillons sur le projet FresH2, qui doit permettre d’équiper les camions frigorifiques de piles à combustible à hydrogène, moins polluantes que les moteurs thermiques actuels. Le projet est là mais l’Allemagne ne veut plus y investir car il ne serait plus viable… alors qu’on génère 95 millions d’euros de chiffres d’affaires. Quant au site de Moulins, c’est le moins cher de toute la France. Les salariés ont accepté de réduire leurs salaires pour garder leurs emplois ! » Selon le militant, l’usine avait de la visibilité jusqu’en janvier 2028. « Mais, fin décembre, le siège a décidé de transférer toute la production en Allemagne. Elle justifie ce choix par le fait qu’ils n’ont plus d’activité dans le diesel. Que le moteur thermique vit ses derniers jours. En vérité, ils ne cherchent plus que le profit à tout prix. Ils ne veulent plus investir en France », poursuit Choukri Errachidi.

À Rodez, le PSE vient d’être homologué par l’État. Il prévoit la suppression d’environ 200 postes d’ici à 2030, réduisant les effectifs à 350 salariés. « La direction met en avant des départs volontaires et des mesures d’accompagnement », poursuit le militant, qui dénonce « la réduction progressive des capacités industrielles et l’absence de projet de réindustrialisation solide. Il ne faut pas perdre son temps à avancer des arguments de bonne foi face à des gens de mauvaise foi ».

Gagner quelques mois pour négocier le reclassement interne

À propos de l'auteur

Sabine Izard
Journaliste

En attendant, le collectif s’organise. « À Vénissieux et à Moulins, l’absence de consultation du comité d’entreprise européen, comme le prévoit la loi dès lors que deux sites en Europe sont concernés, est très problématique, et nous l’avons dénoncée. Si ça passe auprès de la Dreets1 et du tribunal, on pourrait gagner quelques mois et demander à la direction de rouvrir les discussions pour permettre aux salariés de bénéficier de mesures de reclassement interne plutôt que d’être sur des licenciements secs. On est bien accompagnés par un cabinet d’avocat. On va tout faire afin de préserver l’emploi ! »