Indemnités journalières : la négociation est lancée

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Les partenaires sociaux se sont réunis en visioconférence le 29 octobre pour lancer la négociation relative aux arrêts maladie. Le gouvernement leur a demandé de s’accorder d’ici à la fin de l’année avec l’objectif de réaliser un milliard d’euros d’économies sur les arrêts courts.

Par Jérôme Citron — Publié le 30/10/2026 à 08h27

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© Michel Gaillard/RÉA

L’exercice ne sera pas facile. Le gouvernement a donné aux partenaires sociaux jusqu’au 19 décembre pour qu’ils tombent d’accord sur des mesures permettant de réaliser un milliard d’euros d’économies sur les arrêts maladie.

« Pour la CFDT, il n’est bien entendu pas question d’entrer dans cette négociation avec un objectif financier ou d’accepter une baisse des droits des travailleurs. En revanche, nous participerons à ces discussions car nous voulons profiter de tous les lieux où l’on peut aborder les questions de pénibilité, d’usure professionnelle ou plus largement de conditions de travail », explique Isabelle Mercier, cheffe de file CFDT de la négociation. Le 29 octobre, les organisations patronales et syndicales étaient donc réunies en visioconférence pour un premier calage des discussions à venir.

Les partenaires sociaux ont ainsi décidé de se retrouver toutes les semaines (à l’exception de la deuxième semaine de novembre) en vue de tenter d’aboutir à des préconisations. Dans un premier temps, ils devront se mettre d’accord sur un diagnostic partagé de la situation. De fait, les deux parties (patronale et syndicale) partagent les principales raisons qui expliquent l’accroissement des arrêts de travail : la dégradation des conditions de travail, son intensification, le vieillissement de la population active…

Identifier les filières impactées et préciser les causes des arrêts

Reste à étudier plus finement les filières professionnelles qui sont plus particulièrement impactées et les raisons de ces arrêts. Les derniers chiffres connus montrent par exemple une hausse de certaines maladies comme l’asthme, l’endométriose et toutes les maladies liées à la santé mentale. L’objectif est donc de parvenir à élaborer un tableau le plus complet possible – les services de l’Assurance maladie et de la Sécurité sociale ayant, pour ce faire, été appelés en renfort.

« Ces rencontres doivent surtout nous permettre de travailler sur la prévention et le maintien dans l’emploi, insiste Isabelle Mercier. Il faut avoir conscience que la France est en retard sur ces deux sujets. Ce n’est pas en s’attaquant au porte-monnaie des salariés que l’on va faire baisser les arrêts maladie mais en faisant en sorte qu’ils ne tombent pas malades à cause de leur travail ou qu’ils puissent continuer à travailler grâce à des aménagements. »

Éviter les solutions dramatiques sur le plan social

À propos de l'auteur

Jérôme Citron
rédacteur en chef adjoint de CFDT Magazine

Alors que le gouvernement laisse entendre qu’il pourrait augmenter le nombre de jours de carence afin de « responsabiliser » davantage les salariés, la CFDT réfute une telle logique et tient à rappeler à quel point le sujet est sensible, notamment chez les salariés qui perçoivent un petit salaire. Réduire le montant des indemnités ou interdire la prise en charge par les entreprises d’une partie de la carence (certains bruits de couloir le laissent entendre) peut être dramatique socialement, surtout dans une période où est constatée une forte tension sur le pouvoir d’achat. « Le timing serré de la négociation que nous impose le gouvernement nous interroge quant à la qualité des échanges que nous allons avoir et la possibilité d’aboutir », conclut Isabelle Mercier.