“Il y a un conflit des logiques qu’il va falloir résoudre”

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icone Extrait de l'hebdo n°4003

Après trois séances, la négociation sur les contrats courts n’a toujours pas réellement commencé. Les partenaires sociaux ne disposent plus que de deux séances pour trouver les moyens de réguler le recours à ce type de contrats, toujours plus nombreux et plus courts.

Par Anne-Sophie BallePublié le 24/03/2026 à 13h00

De g. à dr. : Olivier Guivarch, secrétaire national, et Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT.
De g. à dr. : Olivier Guivarch, secrétaire national, et Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la CFDT.© Syndheb

C’est l’histoire d’une négo… dont l’installation s’éternise. À trois semaines de la date butoir, fixée au 9 avril, les partenaires sociaux ont de nouveau consacré la séance du 17 mars à des auditions d’experts, lesquelles semblent avoir davantage conforté les uns et les autres dans leur position que permis d’ouvrir le débat. En fin de séance, le chef de file CFDT Olivier Guivarch regrettait ainsi de « ne pas être encore arrivé au stade de la négociation raisonnée. Pour l’instant, c’est un bras de fer ». Alors que les organisations syndicales veulent contraindre les employeurs à revoir leurs pratiques en matière de recours aux contrats courts, le patronat entend « réinterroger les règles [qui] limitent la capacité des entreprises à prolonger une relation de travail ».

Une confrontation de logiques différentes

Une forme de « conflit des logiques », résumait la CFDT, qu’il va falloir résoudre lors des prochaines séances. En effet, qu’y a-t-il derrière la volonté de réguler les contrats courts ? « On entend cela comme limiter les contrats courts et réduire la précarité quand le patronat, lui, nous parle de diminution des contraintes dans ce recours aux contrats. La CFDT a tendance à comprendre le discours patronal comme une recherche de développement du recours aux contrats courts », s’agaçait son chef de file, rejoint par ses homologues syndicaux. « Pour faciliter la régulation, on nous propose de tout déréguler », ironisait la CFE-CGC, elle aussi favorable à un système de cotisation dégressive selon la durée du contrat. Mais, là encore, les logiques diffèrent. « On cherche un dispositif très incitatif [de régulation des contrats] là où le patronat semble vouloir modifier les paramètres qui sortiraient les entreprises de ce dispositif », développe Olivier Guivarch.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Il ne reste en tout et pour tout que deux séances pour espérer trouver un accord. Des pistes d’évolution du bonus-malus pourraient être mises sur la table après la séance du 25 mars, consacrée, semble-t-il, à l’audition de la Dares1 à la suite des travaux qu’elle a menés en 2024. Certes, la voie de passage peut se trouver sur d’autres sujets, en incitant à l’augmentation de la durée des contrats ou à la sécurisation des parcours professionnels des salariés en contrat courts – via la formation, les aides au logement ou la protection sociale. Mais l’optimisme n’est pas de mise. « Il ne s’agit pas d’être optimiste ou pessimiste mais très pragmatique ! Il y a des moments dans la négociation où les choses s’accélèrent. Ça n’était pas le cas aujourd’hui », a conclu la CFDT.