IA : les usages progressent mais restent peu régulés

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icone Extrait de l'hebdo n°4012

Une étude de l’Apec publiée le 21 mai 2026 s’intéresse aux usages professionnels de l’IA chez les cadres. Elle met en évidence deux choses : une forte progression du recours à l’IA dans l’exercice de leurs métiers et une faible proportion de chartes d’entreprises encadrant les usages.

Par Claire NillusPublié le 26/05/2026 à 12h00

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© Syndheb

En 2025, une étude de la Fondation Jean-Jaurès1 avait montré que l’appropriation de l’intelligence artificielle par les salariés français était encore assez modeste, très hétérogène selon les secteurs d’activité et souvent réservée à la sphère privée. Malgré des usages professionnels en hausse, une autre étude du cabinet PwC relevait de son côté – toujours en 2025 en France – que seulement 7 % des salariés utilisaient quotidiennement l’IA générative au travail et 14 % de manière hebdomadaire.

Il en est tout autrement chez les cadres : dans cette récente étude de l’Apec (Agence pour l’emploi des cadres), la moitié de ceux-ci l’utilisent déjà au moins une fois par semaine pour leur profession. L’enquête, réalisée en mars 2026, repose sur des données recueillies auprès de 2 000 cadres actifs du secteur privé et de 1 000 entreprises employant au moins un cadre. Elle conclut que toutes les catégories de salariés cadres ont désormais recours à l’intelligence artificielle générative au travail, mais plus encore les jeunes (62 % des moins de 35 ans, contre 38 % chez les plus de 55 ans) et les managers.

Une multiplicité d’usages

Dans quel but mobilisent-ils l’IA générative ? Majoritairement pour trouver des idées, rédiger, obtenir des analyses spécifiques. Pour 73 % d’entre eux, l’IA constitue ainsi un véritable outil d’aide à la décision. Deux tiers des cadres interrogés confient également réaliser des tâches « qu’ils n’auraient pas su faire » autrement.

Des bénéfices largement plébiscités par les entreprises, qui voient dans ces possibilités nouvelles plus d’opportunités que de menaces sur l’emploi ou sur les métiers. Mais si elles encouragent volontiers le recours à l’IA, notamment les plus grandes, peu ont adopté une charte ou négocié un accord pour réguler les usages de leurs collaborateurs : la mise en place d’une charte « n’est pas prévue » pour 83 % des TPE contactées, ni pour 72 % des PME, ni pour 47 % des grandes entreprises. Et peu fournissent des outils numériques selon une stratégie clairement définie.

Or, de plus en plus de cadres souhaiteraient être mieux formés à leur utilisation, en dehors des formations généralistes dont ils bénéficient parfois. Ce qui contribue à maintenir une certaine méfiance vis-à-vis de l’utilisation de l’IA chez une large majorité d’entre eux, dont le ressenti est autant positif que négatif même s’ils reconnaissent que l’IA leur est utile.

Des outils confédérés

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

In fine, tout plaide pour mieux encadrer la pratique. Constatant que les systèmes d’intelligence artificielle font très rarement l’objet de dialogue social au sein des entreprises, la CFDT a conçu des outils confédérés (fiches pratiques, document revendicatif…) pour aider les militants à s’emparer du sujet et débattre des finalités et du sens de ces usages dans le respect des droits et des libertés. Un revendicatif qui s’appuie notamment sur les travaux que la CFDT Cadres mène depuis plusieurs années sur l’introduction de l’IA au travail.