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Hôpital, la crise sans fin

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iconeExtrait de l’hebdo n°3857

Dans ses vœux aux acteurs de la santé, le 6 janvier, Emmanuel Macron a présenté ses pistes sur l’organisation du travail et l’attractivité. De quoi répondre au mal-être des agents ? Rien n’est moins sûr, tant le point de rupture semble passé.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 17/01/2023 à 13h00

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© Eliot Blondet/Pool/RÉA

Vingt-cinq heures : c’était le temps d’attente aux urgences du centre hospitalier Jacques Cœur, à Bourges, durant les fêtes de fin d’année. Une situation dénoncée par les personnels et représentants de l’hôpital qui n’a hélas rien d’exceptionnel à l’échelle nationale. À Landerneau (Finistère), à Issoudun (Indre) ou à Metz-Thionville (Moselle), c’est partout le même constat : être accueilli, soigné dans les plus brefs délais, recevoir des soins de qualité devient de plus en plus compliqué. « On a dépassé le point de rupture, on ne fait que survivre. » Les personnels qui continuent de travailler sont héroïques, déplore Ève Rescanières, secrétaire générale de la CFDT-Santé-Sociaux, qui rappelle l’urgence de négocier à propos des carrières et de l’attractivité du secteur. « On a un sujet d'évolution des carrières », a reconnu le président de la République.

Face au défi collectif de remettre l’hôpital sur pied, Emmanuel Macron a présenté plusieurs pistes, parmi lesquelles la nécessité de « gagner du temps médical » grâce au recrutement d’assistants médicaux attachés aux médecins, un chantier sur l’organisation et le fonctionnement des études et, enfin, « la nécessité de travailler à une meilleure organisation du travail ».

Adapter les plannings et les organisations du travail

En ce qui concerne les questions d’organisation du travail, chaque établissement devrait, d’ici au 1er juin 2023, avoir « engagé et finalisé les discussions avec les partenaires sociaux pour adapter les plannings et les organisations du travail », assène le chef de l’État. Voilà une première réponse à une des revendications de la CFDT-Santé-Sociaux, mais elle doit être pensée « au plus près de la réalité de chaque service ».

« Il est essentiel que le dialogue social soit au cœur de l’organisation du travail, complète Jocelyne Cabanal, la secrétaire nationale CFDT chargée de la santé. La question du financement sera aussi centrale. Il est indispensable que les établissements et leurs directeurs puissent avoir les moyens de leurs missions. »

Le Président a par ailleurs reconnu que le Ségur de la santé n’était qu’« un rattrapage de ce qui n’avait pas été fait auparavant [et non] pas un solde de tout compte ». Cet aveu rappelle l’énormité des défis auxquels l’hôpital est confronté. « Les chantiers devant nous sont immenses ; il y va de la pérennité de notre système et de la santé de la population française », poursuit Ève Rescanières.