Fermeture programmée du site AstraZeneca de Reims : la CFDT à l’offensive

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iconeExtrait de l’hebdo n°3842

Depuis plusieurs mois, la CFDT alertait sur la situation du site d’AstraZeneca à Reims (120 salariés), sentant planer la menace d’un plan social. Le 20 septembre, la direction est enfin sortie du bois, annonçant une fermeture à la fin 2024. “Un désastre humain et industriel”, selon la CFDT.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 27/09/2022 à 12h00

Sébastien Barthès, délégué syndical du site AstraZeneca de Reims, et Christine Beauventre, élue du comité social et économique.
Sébastien Barthès, délégué syndical du site AstraZeneca de Reims, et Christine Beauventre, élue du comité social et économique.© L’Union

L’attente était devenue intolérable. Les annonces ne le sont pas moins. Mardi 20 septembre, la direction d’AstraZeneca (groupe pharmaceutique comptant 74 000 salariés dans le monde) a fait part de sa décision de se désengager du site de Reims, qui emploie 120 salariés, avec à la clé une fermeture à la fin de 2024. Dans l’usine, dont l’activité principale est le conditionnement de comprimés, c’est le choc, même si la menace d’un PSE planait sur le site depuis longtemps.

« Les machines, on les ferme les unes après les autres par manque de volumes », témoignait une salariée lors d’un échange avec Marylise Léon, la secrétaire générale adjointe de la CFDT, venue le 14 septembre dernier. « Cela fait plus de dix ans que le site subit des restructurations, des licenciements, des pertes et des ventes de brevets. Nos gammes et produits sont matures, voire vieillissants, notre activité est en déclin », déplore Christine Beauventre, élue CSE. Le groupe, qui souhaite se positionner sur des produits à forte valeur ajoutée (dont les produits d’oncologie), préfère porter ses efforts d’investissements en Irlande ou sur le site de Dunkerque. Un argument inaudible pour les 120 salariés de Reims.

13 % de croissance en France…

« Cette annonce de fermeture est d’autant plus inacceptable que le groupe enregistre d’excellents résultats », indique Baptiste Leroy, secrétaire général du Syndicat Chimie-Énergie Champagne-Ardenne, citant une croissance de « 38 % au niveau mondial et 13 % en France en 2021 », dopée par la crise du coronavirus. « La demande mondiale de médicaments n’a jamais été aussi forte. »

Selon lui, AstraZeneca Reims est viable : « Mais il faudrait pour cela une volonté de déployer une stratégie industrielle et des investissements. La crise Covid a montré à quel point le maintien d’une production pharmaceutique sur notre territoire est essentiel. On ne peut pas accepter ce double discours qui d’un côté prêche pour la souveraineté sanitaire et de l’autre a des pratiques d’entreprises qui font l’inverse. » La CFDT est décidée à se battre afin d’obtenir le maintien d’une activité industrielle et les emplois sur le site de Reims.