Férié et chômé : préserver l’exceptionnalité du 1er Mai

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icone Extrait de l'hebdo n°3994

Le 22 janvier, l’Assemblée nationale doit se prononcer sur la proposition de loi permettant aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er Mai. Une “régression sociale inacceptable”, estiment les syndicats, qui appellent dans un communiqué commun les députés à rejeter le texte.

Par Anne-Sophie BallePublié le 20/01/2026 à 13h00

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© Robert Kluba/RÉA

La bataille autour du 1er Mai est ouverte. Après la polémique sur l’ouverture des boulangeries qui avait enflammé la France au printemps 2025, une proposition de loi visant à faciliter l’ouverture des commerces ce jour-là sera examinée le 22 janvier prochain à l’Assemblée nationale. Actuellement, les commerces ne sont pas autorisés à faire travailler leurs employés ce jour-là, exception faite des activités où le travail ne peut être interrompu, comme les transports publics ou les hôpitaux. Mais certains sénateurs, soutenus par le chef de l’État, souhaitent faire évoluer le dispositif et l’étendre aux commerces de bouche, fleuristes, théâtres et cinémas notamment. C’est en tout cas ce que prévoit le texte adopté en juillet dernier au Sénat, et qui arrive ces jours-ci à l’Assemblée.

Une première brèche

Les syndicats, eux, s’y opposent fermement et appellent les députés à sauvegarder le caractère « férié et chômé » du 1er mai. Selon eux, permettre aux commerces alimentaires d’accueillir la clientèle s’ils le souhaitent reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore. « Le projet d’établir une liste d’établissements visés constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er Mai. Or, à chaque fois qu’un principe est remis en cause, la dérogation s’étend progressivement […] le travail du dimanche en est l’illustration. Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être », écrivent les huit principales organisations syndicales françaises dans un communiqué commun.

Sur le papier, la proposition de loi prévoit en effet que le 1er Mai resterait payé double pour ceux qui travaillent, et uniquement sur la base du volontariat. Mais le volontariat, les syndicats n’y croient guère du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail, qui plus est dans les TPE.

Une dimension commémorative et mondiale

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

D’un point de vue historique, enfin, « cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies [Nord / Hauts-de-France] le 1er mai 1891 », poursuivent les organisations syndicales. « Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte sociale. »