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Extrait de l'hebdo n°4033
Malgré des chiffres alarmants qui questionnent, le gouvernement exige de nouvelles économies de la branche AT-MP de la Sécurité sociale, gérée par les partenaires sociaux.

En France, deux personnes au moins meurent chaque jour au travail. Ce n’est pas un phénomène nouveau : depuis la crise sanitaire (qui avait marqué une pause dans cette courbe ascendante), les accidents du travail mortels sont en hausse chaque année. Ainsi, on a comptabilisé 645 décès consécutifs à un accident en 2021 et 783 en 2025. Au total, avec les accidents de trajet, 1 331 décès ont été reconnus par la Cnam1 l’année dernière… C’est 34 de plus qu’en 2024, sachant que ces données chiffrées ne prennent pas en compte les accidents dans la fonction publique ni ceux dont ont été victimes les travailleurs indépendants ; elles ne permettent donc pas d’obtenir le nombre exact de personnes qui perdent la vie en travaillant.
84 millions de journées d’arrêt de travail
Pour le secteur privé, les détails de la sinistralité seront publiés très prochainement et figureront dans le rapport annuel de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de l’Assurance maladie, qui couvre 20,9 millions de salariés du régime général. On peut d’ores et déjà noter que 700 000 accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles ont été pris en charge par la branche AT-MP en 2025, donnant lieu à plus de 84 millions de journées d’arrêt de travail. « Pour la deuxième année consécutive, les indemnités journalières représentent désormais le premier poste de dépenses », indique l’Assurance maladie, et ce, en dépit des dernières COG2 (2018-2022 et 2023-2028), qui ont fait de la prévention primaire un enjeu majeur, avec un renforcement des aides financières aux entreprises.
Des millions d’euros d’aides versés aux entreprises
La COG 2023-2028 prévoit ainsi d’allouer 120 millions d’euros d’aides directes aux entreprises d’ici à 2028 via le Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Les financements accordés au nom du Fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (Fipu), ouvert en 2024 afin de lutter contre les risques ergonomiques3, atteignent quant à eux 140 millions d’euros en 2025. En complément, le Fonds national de prévention des accidents de travail a versé 28 millions d’euros afin d’aider les plus petites entreprises à investir dans la prévention.
« Malgré cela, les salariés, les jeunes et les intérimaires, notamment, restent encore particulièrement exposés dans les métiers du BTP, des transports, de l’intérim, de la logistique ou encore de l’aide à la personne », déplore la CFDT. Les TMS4, directement liés à la pénibilité, sont en hausse également et représentent désormais 90 % des maladies professionnelles. La prévention doit donc s’adapter à l’évolution des organisations de travail, estime l’Assurance maladie : des effectifs qui vieillissent (la moitié des décès comptabilisés sont dus à des malaises sur les lieux de travail), un recours toujours élevé à la sous-traitance et à l’intérim, et des risques psychosociaux qui explosent. Les maladies psychiques reconnues maladies professionnelles ont plus que doublé depuis 2020.
Malgré ces chiffres alarmants, le gouvernement a demandé aux partenaires sociaux de négocier des modalités de maîtrise des dépenses liées aux arrêts maladie. La négociation doit aboutir le 19 décembre 2026.