En Afghanistan, le retour de l’obscurantisme

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iconeExtrait de l’hebdo n°3788

À la mi-août, les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan. Alors qu’une répression violente du peuple afghan par les extrémistes paraît inévitable une fois que les Américains et leurs alliés seront tous partis, le mouvement syndical international et la CFDT viennent en aide à celles et ceux qui ont œuvré pour la démocratie et les droits des travailleurs.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 27/08/2021 à 08h02 et mis à jour le 27/08/2021 à 08h54

Fin août, à proximité de l’aéroport international de Kaboul, des dizaines de milliers d’Afghans espéraient encore être évacués…
Fin août, à proximité de l’aéroport international de Kaboul, des dizaines de milliers d’Afghans espéraient encore être évacués…© Jim Huylebroek-The New York Times-Redux-RÉA

« L’Union européenne et les États membres doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger tous les syndicats, les militants des droits humains et des droits des femmes, les journalistes et ceux qui ont fait campagne pour la liberté, la démocratie et l’égalité », exhorte la Confédération européenne des syndicats (CES), alors que l’Afghanistan s’enfonce dans le chaos et que l’espoir s’amenuise chez celles et ceux qui espèrent encore fuir le pays d’ici au 31 août – date à laquelle est annoncé le retrait complet des Américains et de leurs alliés.

« Les pays occidentaux ne peuvent pas laisser derrière eux leurs ressortissants et notamment les agents publics engagés depuis des années, mais également toutes les Afghanes et Afghans qui ont travaillé avec eux », poursuit Yvan Ricordeau, le secrétaire national CFDT chargé de l’international.

Les syndicalistes en grand danger

1. National Union of Afghanistan Workers and Employees.

Face au drame qui se joue à Kaboul, cible de deux attentats suicides le 26 août dernier, et dans les différentes régions de ce pays de 37 millions d’habitants, la CFDT est pleinement mobilisée, tant auprès du gouvernement français que des acteurs internationaux. Elle interpelle, avec trois autres organisations syndicales françaises, le ministère des Affaires étrangères et demande l’évacuation et la protection de plusieurs responsables du syndicat national des travailleurs et employés afghans (NUAWE1) ainsi que de leurs familles. Depuis des années, cette organisation, forte de 160 000 membres, se bat malgré les menaces et les risques en faveur de la démocratie, des droits des femmes et de la liberté d’association ; elle tente de faire respecter les normes fondamentales du travail et les droits des travailleurs.

Tweet de Laurent Berger

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

« La France et l’Europe doivent être à la hauteur de leurs valeurs. Elles doivent être une terre d’asile pour les Afghanes et les Afghans, en particulier ceux dont la vie est en danger pour leurs engagements pour les droits des femmes, les droits humains et syndicaux », insiste Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.