Donner sa chance à la concertation

iconeExtrait de l’hebdo n°3843

Par Yvan Ricordeau— Publié le 04/10/2022 à 12h00 et mis à jour le 04/10/2022 à 12h57

Yvan Ricordeau, secrétaire national
Yvan Ricordeau, secrétaire national© Cyril Entzmann

Après des semaines d’atermoiements, le gouvernement a finalement tranché. La réforme des retraites ne se résumera pas à un amendement dans le budget de la Sécurité sociale voté en fin d’année mais fera bel et bien l’objet d’une loi spécifique. La CFDT ne peut qu’être satisfaite d’un tel arbitrage : il était impensable que l’avenir de notre système de retraite ne s’accompagne pas d’un large débat au sein de la société.

Une période de concertation avec les organisations syndicales s’engage donc jusqu’à la fin de cette année. Une période extrêmement courte pour aborder une multitude de sujets aussi complexes que sensibles. Car parler retraites, ce n’est pas seulement parler finances, âge légal de départ ou durée de cotisation. Parler retraites, c’est aussi et surtout parler du travail, de la pénibilité, de la précarité ou encore des inégalités sociales. C’est parler de la société que nous voulons, des solidarités qu’il faut préserver et celles qu’il faut étendre, des nouveaux risques à couvrir afin de tenir compte de l’évolution des familles ou encore du vieillissement de la population.

La CFDT s’engage donc dans ces discussions avec détermination et clarté. En retour, elle demande au gouvernement transparence et loyauté dans la conduite de cette concertation – qui ne doit pas servir d’alibi à une simple mesure comptable. La CFDT l’a dit et le répétera : elle est opposée à toute mesure d’âge qui revient à pénaliser les personnes ayant commencé à travailler tôt, les personnes qui ont eu les métiers les plus physiques. L’exécutif a aujourd’hui fait le choix du dialogue, à lui de prouver qu’il compte le respecter dans les prochains mois.