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Extrait de l'hebdo n°4025
Réunis le 24 août dernier au siège de FO, les leaders syndicaux et patronaux ont tenté de relancer un agenda social autonome à la peine depuis plus d’un an. Si la volonté d’échapper à la tutelle de l’État et de maintenir le fil du dialogue réunit l’ensemble des acteurs, la CFDT dénonce un cruel manque de méthode et refuse le “meublage” ou les négociations de façade.

Entre l’échec du conclave retraites en juin 2025, l’absence du Medef à la conférence TER et des pourparlers infructueux sur les contrats courts en avril, le paritarisme traverse une zone de turbulences inédite. Certes, les partenaires sociaux ont négocié, comme en témoigne l’accord trouvé au sujet des ruptures conventionnelles en février dernier. Mais, globalement, le dialogue social national est à la peine. C’est dans ce climat que les numéros un se sont retrouvés deux heures durant pour débroussailler le terrain et tenter, une nouvelle fois, d’établir leur agenda autonome. À la sortie, Marylise Léon pose un diagnostic lucide : « On a un problème de méthode. Quand on se dit un certain nombre de choses, on se rend compte qu’elles ne se mettent pas en œuvre. »
Modèle productif et transition écologique : l’exigence de fond
Parmi les chantiers évoqués, la réflexion sur le modèle productif figure en tête d’affiche. Pour la CFDT, ce sujet doit être l’occasion d’une adaptation de l’économie au réchauffement climatique et à la diffusion de l’intelligence artificielle. En somme, comment intégrer l’impact environnemental dans l’organisation du travail ; comment anticiper les effets de l’IA sur l’emploi et les compétences. Les partenaires sociaux se sont fixé l’objectif d’aboutir à des propositions d’ici à février 2027 afin, notamment, de pouvoir peser directement dans les débats liés à la présidentielle. Des groupes de travail pourraient se constituer dès ce mois de septembre.
Autre sujet au cœur des discussions : la reconnaissance des parcours syndicaux, thème cher à la CFDT et à sa secrétaire générale. « Les organisations patronales ne peuvent pas prétendre qu’elles veulent un dialogue social de qualité sans admettre qu’il y a des militants qui ont des compétences qu’il faut reconnaître », insistait Marylise en marge de l’événement de rentrée consacré cette année aux services publics. Selon elle, la reconnaissance des acquis de l’expérience syndicale est une condition sine qua non de rénovation des relations sociales sur le terrain.
Le patronat au pied du mur
Et puis il y a les sujets de désaccord, tel l’emploi des jeunes, pour lequel la perspective d’une négociation dédiée s’éloigne de jour en jour. Face aux velléités d’hyperflexibilisation du patronat depuis janvier dernier, la CFDT refuse de brader les droits des plus jeunes et des Neets1 (ces jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation). Un autre rendez-vous, strictement paritaire, devrait se tenir dès les prochaines semaines et faire office de « crash test », à savoir les négociations relatives aux régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco. Selon Marylise Léon, la crédibilité des partenaires sociaux à construire et à mener un agenda social autonome dépend de la capacité de ces derniers à s’accorder sur ce sujet purement paritaire. Une manière de mettre le patronat face à ses responsabilités.