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Extrait de l'hebdo n°4030
Présenté comme une simplification nécessaire de l’organisation du groupe, le projet de fusion-absorption de Randstad prévoit la disparition des CSE et la fin des accords collectifs au 1er janvier 2027.

Un marasme social. C’est ainsi que les élus CFDT désignent le projet de réorganisation présenté par la direction de Randstad France – leader de l’intérim – en CSEC1. Annoncé comme une simplification de l’organisation du groupe, le projet impose en réalité « une transformation profonde des conditions de travail et une remise en cause drastique des acquis sociaux de l’entreprise », selon la CFDT Services. De fait, Randstad prévoit la création au 1er janvier 2027 de deux sociétés et la bascule des salariés sur ces deux entités : Randstad France regrouperait les fonctions support et les sociétés du groupe tandis que Randstad Services accueillerait les intérimaires, les agences et le digital.
Là où le bât blesse, c’est que la modification du périmètre de l’UES fait tomber tous les accords collectifs d’entreprise, et notamment ceux sur l’organisation du temps de travail, les RTT, le télétravail, l’accord seniors, la qualité de vie au travail ou encore la participation… En somme, toutes les garanties négociées depuis plus de vingt-cinq ans au sein du groupe. « Actuellement, les intérimaires [difficiles à prévenir à cause de la nature de leurs missions] ne se sentent pas vraiment concernés, ce qui permet aussi à la direction d’agir en sous-main, estime Yannick Lafont, délégué syndical central (DSC). Pour les 80 000 salariés du groupe, le 1er janvier va sonner comme une douche froide, lorsqu’ils se rendront compte que leur prime de précarité de 10 % sera supprimée et qu’ils passeront de 23 à 12 RTT… »
La disparition des CSE et de l’accompagnement des salariés
Un autre point, central, fait également bondir les élus de l’entreprise et la CFDT Services. La disparition des instances représentatives du personnel et des 300 mandats d’élus prévue par le projet de la direction signe, de fait, l’affaiblissement de la négociation collective, de l’accompagnement des salariés et des œuvres sociales. Dans le détail, « on passerait de neuf CSE à trois au niveau du groupe, les cols bleus (55 000 salariés) passeraient de six CSE à un seul et le nombre de représentants du personnel serait divisé par sept », analyse Yannick. Le tout pour un gain financier très faible au regard de l’ampleur des bouleversements imposés, de l’aveu même de la direction. « Pourquoi supprimer les instances et les œuvres sociales, ce qui aura de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat des salariés, et les acteurs de la prévention pour un gain aussi limité ? interroge le DSC. Une opération économique ne peut pas servir de prétexte pour faire disparaître les droits collectifs ! »
À l’heure actuelle, la CFDT négocie en tentant de maintenir un semblant de négociation collective et de représentativité. Mais elle exige des garanties de la part de la direction, tant en matière de représentation collective pendant toute la période transitoire que d’accompagnement des salariés, plus que jamais nécessaire dans la période. Un nouveau CSEC est prévu le 20 octobre avec la remise du rapport de l’expert et l’avis consultatif du CSE. Les élus sont sur le qui-vive. Ils savent aussi qu’ils servent de test. « Car si ce genre de réorganisation passe chez nous, c’est du pain béni pour toutes les autres sociétés, et pas seulement l’intérim, qui voudront remettre en cause les accords collectifs », affirme Yannick.