Au BRGM, la CFDT encourage fortement le développement durable

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iconeExtrait de l’hebdo n°3792

Encourager les mobilités douces, réduire l’impact du numérique et améliorer le bilan carbone, etc. : au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’équipe CFDT agit résolument afin de favoriser les pratiques vertueuses pour l’environnement. Notamment par le biais de la commission développement durable, où les militants CFDT sont très investis… et jamais à court de propositions !

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 28/09/2021 à 12h00

De gauche à droite : Julien Rey, l’un des quatre délégués syndicaux CFDT du BRGM, également élu CSE, avec Frédéric Duré (délégué syndical CFDT, membre de la commission restaurant), Olivier Rouzeau (délégué syndical et membre du CSE) et Olivier Frézot (secrétaire du CSE).
De gauche à droite : Julien Rey, l’un des quatre délégués syndicaux CFDT du BRGM, également élu CSE, avec Frédéric Duré (délégué syndical CFDT, membre de la commission restaurant), Olivier Rouzeau (délégué syndical et membre du CSE) et Olivier Frézot (secrétaire du CSE).© Syndheb

Dès l’entrée du site – un immense domaine boisé de 27 hectares dans la banlieue d’Orléans –, le ton est donné : un vaste parking à vélos jouxte celui réservé aux voitures, un enclos où deux adorables moutons remplacent la tondeuse de pelouse, quatre bornes de recharge dédiées aux voitures électriques (deux pour les véhicules des salariés et deux autres pour ceux réservés au personnel des différents prestataires)… « En temps normal, nous avons aussi une flotte d’une quarantaine de vélos mis à la disposition des salariés qui permettent de se déplacer sur le site. Car on a parfois plus d’un quart d’heure de marche entre deux bâtiments ! Mais avec la crise sanitaire, ce service a été temporairement suspendu », note Julien Rey, l’un des quatre délégués syndicaux CFDT du BRGM, également élu au comité économique et social (CSE).

1. Établissement et service d’aide par le travail.

Pour les besoins d’entretien de cette flotte mais aussi des bicyclettes des « vélotaffeurs » (environ 15 % des salariés du BRGM viennent à vélo au bureau), un atelier de réparation a été installé sur le site ; il est ouvert deux jours par semaine et tenu par un Ésat1 local. Ici, chaque salarié peut faire réparer son biclou. La main-d’œuvre est gratuite, seules les pièces de rechange sont payantes. Les férus de tri sélectif peuvent également trouver des poubelles différenciées et des bacs à compost un peu partout au pied des bâtiments. Sans oublier qu’à la cantine, on mange local, autant que possible.

“Par nos métiers et notre formation, nous sommes déjà sensibilisés aux questions de développement durable.”

Sandra Lanini, élue CFDT

Bienvenue sur le site de La Source, siège social du BRGM, où travaillent 700 salariés (les 300 autres salariés du Bureau de recherches géologiques et minières sont répartis dans 27 autres sites en France). Certes, l’environnement est au cœur même de l’activité de l’entreprise, qui a pour signature « Géosciences pour une Terre durable ». « Par nos métiers et notre formation, nous sommes déjà sensibilisés aux questions de développement durable », souligne Sandra Lanini, ingénieure de recherches en hydrogéologie et élue CFDT.

Sandra Lanini (à droite) est présidente CFDT de la commission développement durable du BRGM. Anne Bourguignon est déléguée syndicale.
Sandra Lanini (à droite) est présidente CFDT de la commission développement durable du BRGM. Anne Bourguignon est déléguée syndicale.© Syndheb

Sans aucun doute, ce contexte explique et facilite l’investissement important de l’entreprise, de ses salariés et de ses représentants du personnel sur ce dossier. La CFDT y est particulièrement active et motrice, à travers la commission développement durable, mise en place dès 2008, « à une époque où cette commission facultative du comité d’entreprise, puis du CSE, comptait peu d’homologues », précise Sandra, qui en est la présidente depuis 2017. Cette commission réunit une douzaine de personnes (cinq élus CFDT, trois élus CFE-CGC et trois CGT ainsi que la déléguée RSE, représentante de la direction). De l’avis de cette dernière, Fabienne Boutreau, « la commission est un espace de construction. On y explore de nombreux sujets comme les mobilités, la foresterie, le numérique, les achats responsables… de manière à éclairer et à alimenter d’éventuelles décisions ou sujets de négociation ». Une sorte de laboratoire d’idées et d’aiguillon, que les élus CFDT investissent pleinement.

“Vélotaffeurs” en nombre

Sur le sujet des mobilités, par exemple, la commission a été à l’initiative de plusieurs « challenges » organisés dans le cadre de la Semaine européenne de la mobilité pour inciter les salariés à venir au bureau autrement qu’en voiture, ou alors en privilégiant le covoiturage. Cette année, elle a également contribué à construire une grande enquête sur les modes de déplacements domicile-travail, pilotée par la délégation RSE du BRGM. « Clairement, cela nous donne des éléments et des arguments pour avancer sur la négociation du futur accord mobilité », résume Sandra, qui, en 2018, avait déjà participé à la mise en place des indemnités kilométriques vélo.

Les mobilités, ce sont également les déplacements professionnels, sur lesquels la commission s’est penchée. Les salariés du BRGM peuvent, depuis peu, se rendre à leurs réunions professionnelles à proximité (ou en zone urbaine) à vélo. « En région, c’est souvent beaucoup plus pratique. On évite les embouteillages et les galères pour se garer », note Olivier Rouzeau, géologue, délégué syndical et membre du CSE.

Congrès, colloques, réunions, missions en France ou à l’étranger… : les salariés sont fréquemment amenés à se déplacer au-delà de leur sphère géographique proche. « La commission a été consultée sur la politique de voyages de l’entreprise, et nous avons obtenu que l’utilisation de l’avion soit proscrite pour les trajets intérieurs inférieurs à trois heures et demie, souligne Sandra, même si nous aurions voulu aller encore plus loin, être plus ambitieux. »

Avoir obtenu du prestataire voyages qu’il indique le bilan des émissions carbone pour chaque déplacement professionnel fait également partie des petites victoires de la section. « C’est un outil de sensibilisation et de motivation supplémentaire », estime Frédéric Duré, délégué syndical CFDT et membre de la commission restaurant, qui scrute les appels d’offres relatifs au self (exigences en matière de produits bio, d’achats responsables, etc.).

Indicateurs de responsabilité sociétale et environnementale

La liste des sujets et travaux en cours en vue d’encourager les ambitions de développement durable de l’entreprise est longue. Déjà, l’équipe CFDT s’attelle à la rédaction d’un guide de bonnes pratiques dans le domaine du numérique afin de limiter les consommations (envois de mails, archivage et stockage, etc.), élaboré en commun avec les services informatiques ; elle établit une liste d’indicateurs pour évaluer et suivre les performances de l’entreprise en matière de RSE et en intégrer certains dans le calcul de l’intéressement ; et elle prospecte et chiffre un projet d’installation de panneaux solaires sur le site (un document a déjà été produit par la commission développement durable).

À propos de l'auteur

Emmanuelle Pirat
Journaliste

Il est aussi question de « pousser le sujet de la finance durable et diriger notre épargne d’entreprise vers des produits financiers plus “verts”. C’est un levier très fort pour engager la transition écologique mais, paradoxalement, c’est celui qui se voit le moins », explique Julien, qui ne craint pas de se frotter à un sujet assez complexe. « Nous sommes des scientifiques, des chercheurs. C’est notre métier de chercher des solutions. » À plus brève échéance, « on a une négo sur la déconnexion d’ici à la fin de l’année. On va essayer d’introduire des bonnes pratiques concernant la gestion des mails… pour sensibiliser davantage les salariés à l’empreinte écologique du numérique ».

L’atelier de réparation de vélos du BRGM, tenu par le personnel d’un Ésat local.
L’atelier de réparation de vélos du BRGM, tenu par le personnel d’un Ésat local.© Syndheb