Assurance-chômage : les propositions inacceptables du patronat abonné

[Mise à jour du 10 décembre 2018] A la demande de 7 des 8 organisations syndicales et patronales, la cinquième séance de négociation, prévue le 11 décembre, est annulée.

La quatrième séance de négociation sur l’assurance-chômage abordait les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi. Les propositions patronales sont autant de lignes rouges syndicales.

Par Anne-Sophie BallePublié le 05/12/2018 à 16h22

image

On présageait une séance tendue. Après trois réunions consacrées aux questions d’architecture, d’accompagnement et aux intermittents du spectacle, les partenaires sociaux abordaient enfin ce 5 décembre les paramètres d’indemnisation. Ce fût, de l’aveu même de la cheffe de file CFDT, une « opération bazouka ». « Le patronat fait preuve de beaucoup de créativité en ce qui concerne les paramètres et beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’assumer sa part de responsabilité dans la précarité », détaillait Marylise Léon à l’issue de la séance.

Concrètement, le patronat n’a pas mis de document sur table, et dit vouloir se laisser du temps pour peaufiner les chiffrages demandés à l’Unedic sur ses propositions. Mais les pistes d’ores et déjà avancées sont autant de lignes rouges pour les organisations syndicales, où « personne n’a été oublié », ironise certaines organisations syndicales.

Selon les règles actuelles, 4 mois travaillés au cours des 28 derniers mois donnent droit à une indemnisation chômage, sur la base « un jour travaillé = un jour indemnisé » et dans la limite de 24 mois (36 pour les plus de 53 ans). Le patronat souhaite réviser les conditions d’accès au régime, en augmentant le ratio entre la durée travaillée et la période de calcul de référence. Autrement dit, il faudrait avoir travaillé 4 mois sur une période de 12 mois dans les 28 derniers mois pour pouvoir prétendre à indemnisation.

Une allocation mensualisée

L’allocation alors versée serait alors mensualisée, avec un versement identique de 30 allocations journalières quel que soit le mois. Le demandeur d’emploi “gagnerait” alors 2 jours d’indemnisation en février mais en perdrait un à chaque mois comptant 31 jours, la différence étant reportés en fin de droits. A elles seules, « ces deux mesures permettraient de produire un niveau d’économies substantielles de l’ordre de 860 millions d’euros », consent le chef de file du Medef Hubert Mongon.

Mais ce qui hérisse l’ensemble des organisations syndicales, c’est bien l’alignement du rythme du versement de l’indemnité sur celui de l’acquisition des droits. L’idée n’est pas nouvelle : elle avait déjà été proposée lors de la négociation de 2016. Et déjà, elle avait…

Pour continuer de lire cet article, vous devez être abonné.

s'abonner

Déjà abonné ?  Connectez-vous