Assurance chômage : la CFDT dépose un nouveau recours devant le Conseil d’État

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iconeExtrait de l’hebdo n°3794

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 11/10/2021 à 07h48

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© Marta Nascimento/RÉA

Elles l’avaient annoncé à la fin septembre. « Nous ne lâcherons rien », s’était même emporté Laurent Berger. C’est désormais chose faite. Comme en mai dernier, les organisations syndicales ont décidé de faire front commun en déposant simultanément le 8 octobre cinq recours en référé devant le Conseil d’État contre ce qu’elles considèrent être une énième provocation de la part du gouvernement à l’égard des demandeurs d’emploi.

Bien qu’ayant suspendu l’entrée en vigueur des nouvelles règles relevant du calcul du salaire journalier de référence (SJR) prévues au 1er juillet, le Conseil d’État se réservait plusieurs mois de réflexion pour se prononcer sur le fond de la réforme. Le gouvernement, lui, a décidé de ne pas attendre en actant par un nouveau décret l’entrée en vigueur de la réforme au 1er octobre. « Avec la réforme, le SJR prend en compte les jours travaillés mais aussi les jours non travaillés entre les contrats de travail. Ce qui fait mécaniquement baisser le montant de l’allocation, car on divise le même salaire par plus de jours, développe le service Emploi et sécurisation des parcours professionnels. Dans les faits, cette mesure risque d’impacter fortement les salariés en contrat court qui connaissent des périodes de chômage entre deux contrats de travail. »

Injuste baisse de l’indemnisation des demandeurs d’emploi

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Sans fournir d’étude d’impacts détaillée, le gouvernement justifie la mise en place de ce nouveau mode de calcul par une meilleure situation du marché du travail. « Une qualification pour le moins incertaine et fragile, réagit Marylise Léon, secrétaire générale adjointe. Il y a une certaine incohérence à venir expliquer que l’amélioration du marché du travail justifie une baisse de l’indemnisation quand, dans le même temps, ce gouvernement renvoie d’autres mesures de sa réforme à des indicateurs de retour à meilleure fortune de ce même marché du travail. »

Convaincue de l’inutilité et de l’injustice d’une telle réforme, la CFDT continuera, en relayant des exemples concrets qui lui seront remontés, de faire la démonstration que, loin de faire baisser le chômage et la précarité, cette réforme constitue avant tout « une machine à faire des économies sur le dos des travailleurs et chômeurs précaires ».