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Arc : une seule offre de reprise sur la table

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icone Extrait de l'hebdo n°3999

Placée en redressement judiciaire le 7 janvier par le tribunal de commerce de Lille Métropole, la célèbre verrerie française pâtit de la concurrence chinoise et d’une chute des ventes des arts de la table. La décision du tribunal est attendue le 10 mars.

Par Anne-Sophie BallePublié le 24/02/2026 à 13h00

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© Franck Crusiaux/RÉA

À quelques heures de la limite légale de dépôt d’une offre de reprise, fixée au 18 février, c’est à travers un communiqué de presse que Patrick Puy a décidé d’officialiser… son retrait de la course. Président d’Arc de 2013 à 2015, l’homme d’affaires promettait un plan de 60 à 70 millions d’euros sans licenciements et avec une relocalisation de la production en France, mais sollicitait un délai supplémentaire d’un mois pour peaufiner son projet. « Au regard de la situation financière de l’entreprise, qui nécessite une reprise en main rapide et compte tenu de l’existence d’une autre offre, travaillée depuis novembre 2025 préalablement à l’ouverture du redressement judiciaire, Patrick Puy a décidé de ne pas solliciter de nouveaux délais et de retirer son offre de reprise », est-il mentionné dans le communiqué.

Faute d’une nouvelle offre déposée dans les temps, celle de Timothée Durand s’impose donc comme l’unique option offerte aux 3 500 salariés de l’usine française d’Arques (Pas-de-Calais). Ce petit-fils d’un ancien dirigeant d’Arc avait mis sur la table 50 millions d’euros. Son plan de reprise prévoit le maintien de 2 700 emplois – à la suite de 300 licenciements, 400 départs anticipés à la retraite et 100 départs volontaires.

Une course contre la montre pour limiter la casse

Les syndicats, qui organisaient le 16 février une mobilisation de soutien aux salariés du site ayant rassemblé 500 personnes, espèrent de leur côté faire évoluer cette proposition qui, socialement, ne leur convient pas. Reçus le 9 février à Bercy, les représentants CFDT, CGT, CFE-CGC, Unsa et Sud ont expliqué avoir demandé des « mesures d’âge dans le cas où il y aurait un PSE et des suppressions de postes », mais les ministres du Travail et de l’Industrie ont été clairs : ces mesures d’âge ne seront pas prises en charge par l’État.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Les syndicats aimeraient en effet que les salariés plus expérimentés puissent rester « trois à six mois supplémentaires pour préparer des plus jeunes à prendre les postes qui seraient vacants ». « Tout ce que l’on pourra négocier en termes de reclassement et d’accompagnement est bon à prendre », confiait le délégué CFDT d’Arc, Pascal Poly, lors d’une mobilisation des salariés de l’industrie des Hauts-de-France à Bercy, le 20 janvier dernier. « Même si on sait déjà qu’il n’y aura pas de supralégal… » Pour sa part, l’Union régionale interprofessionnelle des Hauts-de-France s’inquiète des répercussions sur « ce territoire qui a déjà tellement souffert, notamment avec les fermetures récentes de RDM et Wizpaper ». Le tribunal de commerce de Lille statuera le 10 mars prochain sur la reprise du verrier – une liquidation pouvant toujours être prononcée si l’offre échouait.