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“Adhérer à la CFDT, c’est souscrire à une assurance professionnelle”

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iconeExtrait de l’hebdo n°3805

Au centre hospitalier de Péronne (Somme), la section CFDT a le vent en poupe. Largement majoritaire au sein de l’établissement public, elle multiplie les adhésions – le fruit d’une stratégie de développement et d’un travail de proximité au service des agents.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 04/01/2022 à 13h02

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© Nicolas Tavernier/RÉA

Proximité, visibilité, efficacité : telle pourrait être la devise de la section CFDT du centre hospitalier de Péronne. Un mantra qui lui permet d’être majoritaire, et très nettement, dans cet établissement. « Un agent sur quatre est adhérent à la CFDT », résume Ingrid Greca, infirmière puéricultrice et secrétaire de la section depuis 2017. Sur les 550 personnels de l’établissement, 140 sont des adhérents CFDT.

Lors des dernières élections, en 2018, l’équipe CFDT a recueilli 82 % des suffrages, devant Force ouvrière. Une réussite qui implique une certaine responsabilité. « Les agents nous font confiance, nous devons être à la hauteur, s’exclame Ingrid. Faire des adhésions, oui, mais encore faut-il que nous le fassions bien. Nous ne pensons pas en termes de chiffres mais de qualité de l’accompagnement et de suivi de nos adhérents. » Un travail de fourmi. « Rien n’est laissé au hasard par l’équipe », souligne Pierre Coquelin, secrétaire général du Syndicat Santé-Sociaux de la Somme.

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© Syndheb

Des tournées syndicales, de jour comme de nuit

Le secret de l’équipe ? « Nous ne perdons pas une heure de droit syndical, explique Ingrid, en parcourant ses tableaux et classeurs, outils indispensables au suivi des activités de chacun. Nous avons du temps à utiliser. Il n’est pas question de le perdre ! » Cette optimisation du temps syndical au service du collectif se traduit aussi par des attributions clairement définies pour chaque militant. « Nous mettons à profit les compétences de chaque personne », poursuit Ingrid. « C’est une véritable organisation, complète Laurence Boé, auxiliaire puéricultrice et élue au comité technique d’établissement. Cela nécessite d’être présent partout et tout le temps, qu’il s’agisse de temps formels ou informels. »

Les membres de l’équipe quadrillent le terrain. Durant les pauses, dans les couloirs ou pendant les tournées de service qu’ils organisent, deux ou trois fois par mois quand c’est de jour et une fois par mois quand c’est de nuit. Ils peuvent s’appuyer sur Laurent Trefcon, le « développeur » chargé du suivi des adhérents et des futurs adhérents depuis trois ans. « Il s’assure qu’un contact régulier est maintenu avec chaque adhérent, alerte à propos des départs à venir… et veille sur les potentiels nouveaux adhérents », explique Ingrid.

Comment sont identifiés ces derniers ? Là encore, la réponse se trouve dans la proximité et les tournées de service. Durant ces rituels bien rodés, les militants, facilement reconnaissables grâce à leur badge d’identification personnalisé, sondent le terrain. « On entend leur besoin et leur priorité. Nos réunions d’instances sont préparées en tenant compte des demandes des agents et des remontées », précisent Laurence et Ingrid. L’équipe s’assure également du « service après-vente » : elle diffuse systématiquement les relevés d’informations dans les services ou communique des informations spécifiques directement auprès des adhérents.

Connaître les besoins pour adapter la stratégie

Si les tournées permettent d’identifier les problématiques, d’apporter des réponses aux agents, elles offrent également la possibilité de prendre la température et d’adapter la stratégie syndicale de la section. « Un militant, un élu ou le développeur pourront repasser “par hasard” dans les jours qui suivent ou suggérer à tel ou tel militant qui a la réponse d’aller échanger avec tel ou tel collègue au sujet de sa problématique », explique Ingrid.

Autre détail qui a son importance : les militants ne se déplacent jamais les mains vides ; les visites se font avec des sacoches remplies de documents utiles aux agents (guide des prestations du comité de gestion des œuvres sociales, informations sur les droits aux congés et RTT, grilles indiciaires ou encore goodies…) et avec un « kit de visibilité » qui comprend une collation, un tract et un crayon aux couleurs de la CFDT (sur lequel sont indiquées les coordonnées du syndicat départemental). Simple et basique… avec cette conséquence immédiate : un boom des appels des agents de l’établissement a été constaté par le secrétaire général du Syndicat Santé-Sociaux de la Somme.

Un accueil privilégié des nouveaux adhérents

Si les pratiques de développement sont bien ancrées au sein de la section, encore faut-il transformer l’essai auprès des collègues. Fort de son savoir-faire, l’équipe a proposé l’adhésion découverte en septembre 2021. Lors de la rencontre des agents, elle a ciblé ceux qui ont affiché leur sympathie pour le syndicat. « Nous leur avons expliqué qu’adhérer à la CFDT, c’est souscrire à une assurance professionnelle », insiste Ingrid. Si ce discours est audible, c’est qu’il est le fruit d’une relation de confiance qui s’est installée au fil des rencontres.

Ces efforts se sont traduits par l’adhésion en un mois de huit agents – et ces adhésions s’ajoutent aux quarante réalisées en 2020. Comme les autres, les nouveaux venus bénéficient d’un accueil privilégié (entretien individuel), de multiples attentions (carte d’anniversaire, notamment) ; le plus important reste évidemment qu’ils sont assurés de trouver les bonnes réponses à leurs interrogations concernant le déroulement de carrière, la simulation de retraite, la reconversion professionnelle, etc. « Aux hésitants on rappelle que le Ségur de la santé, c’est à la CFDT qu’ils le doivent ; 183 euros par mois, ça représente 2 196 euros par an. » À l’échelon local comme au niveau national, les agents de Péronne savent pouvoir compter sur la CFDT pour faire entendre leur voix et défendre leurs droits.