Temps de lecture 3 min
Extrait de l'hebdo n°4008

Depuis 1992, l’Agence de la transition écologique (Ademe) s’affiche comme un acteur incontournable de la transition énergétique, qu’il s’agisse d’accompagner les entreprises et les collectivités territoriales vers des pratiques plus vertueuses, d’expertiser des projets ou de les financer. Pourtant, depuis octobre 2024, les attaques contre l’agence se multiplient – nourries par un certain scepticisme vis-à-vis des agents de l’État et des politiques écologiques.
« On entend notamment que l’on coûte trop cher, et une confusion est entretenue entre le budget de fonctionnement de l’agence, qui est de 135 millions d’euros, et le budget d’intervention, qui s’élève à 3,5 milliards, explique Olivier Théobald, délégué syndical CFDT de l’Ademe. Insinuer que faire tourner une agence de 1 200 personnes nécessiterait 3,5 milliards d’euros, ça passe mal ! »
Un projet de loi arrive bientôt au Parlement
La campagne de dénigrement et de désinformation semble porter ses fruits. Un pas supplémentaire pourrait même être franchi, alerte l’Ademe, qui interpelle aujourd’hui la société civile d’un risque de démantèlement de cet organisme. En effet, le 13 mai prochain, le Conseil des ministres examinera un projet de loi du gouvernement suggérant notamment d’intégrer l’Ademe aux Dreal1, qui contrôlent l’application de la réglementation relative à l’écologie. « C’est préoccupant car ça diluerait l’action et la visibilité de l’Ademe, s’inquiète le délégué syndical. On ne constituerait que 10 % de la Dreal alors qu’aujourd’hui on a notre identité propre. Ça ressemble davantage à un démantèlement qu’à une restructuration… »
« Ce n’est pas en supprimant la capacité d’intervention de l’Ademe ou en [la] vendant à la découpe que la transition écologique se fera », rappelle la CFDT dans un communiqué commun de Fabien Guimbretière, secrétaire national CFDT, de Laure Lamoureux (secrétaire générale de la Fédération Chimie Énergie) et d’Olivier Théobald. Or le risque de suppression de l’Ademe est réel. « La CFDT revendique une politique écologique ambitieuse qui n’est pas l’ennemi de la réindustrialisation mais sa condition de réussite », poursuit le trio cédétiste. Autant dire que les débats à l’Assemblée et au Sénat (ils devraient débuter dans quelques semaines) seront particulièrement scrutés.