À Genève, ministres du Travail et partenaires sociaux du G7 s’entendent sur le volet social

temps de lecture Temps de lecture 3 min

icone Extrait de l'hebdo n°4015

Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et économiques, les ministres du Travail du G7 ont scellé, à Genève, la position commune des grandes puissances mondiales concernant les enjeux économiques et sociaux.

Par Anne-Sophie BallePublié le 16/06/2026 à 12h00

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, à Genève le 9 juin 2026.
Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, à Genève le 9 juin 2026.© OIT/ILO

Après six mois de discussions et de travaux menés sous l’impulsion de la France, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, présidait, le 9 juin à Genève, une réunion avec ses homologues du G7, l’Union européenne et les partenaires sociaux consacrée aux questions sociales et à l’emploi. Un « tour de chauffe social » dont les conclusions, entérinées dans un communiqué commun, vont maintenant alimenter les discussions des chefs d’État du G7 qui se tient en ce moment même à Évian-les-Bains (Haute-Savoie / Auvergne-Rhône-Alpes).

Structurés autour de deux axes majeurs – la promotion d’emplois de qualité et le renforcement du travail décent –, les échanges ont « abouti à plusieurs livrables sur l’IA et son impact sur l’emploi ; la mobilité professionnelle et la progression de carrière ou encore l’intensification de la lutte contre le travail forcé, notamment dans l’extraction des métaux rares », précisait le ministre français à l’issue de la réunion. Il a par ailleurs tenu à souligner « le travail fondamental effectué par les partenaires sociaux » au sujet des effets de la concurrence déloyale si les règles sociales du travail ne sont pas honorées, un travail qui « devra être poursuivi dans le temps ».

Pas d’accord sur les effets du changement climatique ni sur les migrants

À ce propos, le L71 a particulièrement poussé en vue de faire primer les droits des travailleurs et les autres normes de l’OIT (Organisation internationale du travail) sur les règles du commerce mondial et la nécessité de garantir une concurrence équitable par de meilleurs salaires ou un renforcement de la négociation collective. « On n’empêchera pas que les salaires puissent être différents d’un pays à l’autre, a précisé le ministre, mais il y a des grands fondamentaux qui doivent être respectés, en particulier ceux qui touchent à la dignité humaine ».

Des points que semblent partager les États-Unis, qui estiment notamment être victimes d’une attitude discriminatoire de la part de la Chine. En revanche, aucun consensus n’a été trouvé sur les conséquences des températures extrêmes auxquelles sont exposés les travailleurs ou sur le recrutement de travailleurs migrants – étant donné que « le président américain Donald Trump ne croit pas au réchauffement climatique [et] ne veut pas de migrants… », a affirmé Jean-Pierre Farandou.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

Quelques heures plus tôt, à la tribune de la Conférence internationale du travail, où il intervenait, le ministre français du Travail avait appelé, « dans un contexte international marqué par des déséquilibres géopolitiques, économiques, démographiques et climatiques, [à opérer] des transitions justes et porteuses de cohésion sociale ».