À Épinal, “quand la CFDT attaque, les résultats claquent”

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icone Extrait de l'hebdo n°4028

Dans les Vosges, la section CFDT du centre hospitalier d’Épinal occupe tous les terrains. Elle est un acteur incontournable de l’établissement et entend le rester lors du scrutin de décembre 2026.

Par Guillaume Lefèvre Publié le 22/09/2026 à 12h00

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Il y a quatre ans, lors des précédentes élections dans la fonction publique, la CFDT du centre hospitalier remportait 47,22 % des suffrages. Si un tel score en satisferait plus d’un, ce n’est pas le cas des militantes de l’hôpital public Émile Durkheim d’Épinal, qui ne cachent pas leur ambition de passer la barre des 50 % dans moins de trois mois. « Nous voulons être majoritaire pour pouvoir être “la” force de proposition de l’établissement », prévient Laure Gillot, aide-soignante et secrétaire de section depuis octobre 2024. Actuellement, la CFDT détient six sièges au sein du comité social d’établissement mais doit composer avec la CGT et Sud (qui occupent respectivement quatre et deux sièges).

Pour gagner un peu plus de terrain, Laure et sa « section d’enfer » peuvent déjà s’appuyer sur une solide implantation : 275 adhérents CFDT pour 1 700 agents. Dit autrement, un peu plus de 16 % des agents font confiance à la « team orange ». Depuis le début de cette année, ils sont 47 à avoir franchi le pas de l’adhésion, convaincus par le discours CFDT. Virginie Goubanoff, aide-soignante, « propose systématiquement l’adhésion… comme on propose un café ! ».

Qui va lentement va longtemps…

Surtout, l’équipe assume « [sa] politique du temps long ». Elle a d’ailleurs filé la métaphore en faisant du paresseux sa mascotte. « Qui va lentement va longtemps, et ne recule jamais », précise Laure Gillot. Le choix de l’animal, assumé, est une sorte de pied de nez à tous les détracteurs du syndicalisme. La peluche, vêtue de ses habits orange, étant passée entre les mains et sous les aiguilles expertes de Béatrice Henry, infirmière et couturière à ses heures, est ainsi devenue le symbole de cette stratégie. Les vidéos dans lesquelles elle est mise en scène par l’équipe CFDT culminent à 5 000 vues sur différentes plateformes en ligne (TikTok, Facebook et Instagram). « On voulait diffuser les informations sérieuses de façon ludique et humoristique », explique Victoria Lazzuza, aide-soignante, qui a rejoint l’équipe il y a un an.

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Levée de boucliers

L’humour n’empêche évidemment pas la section de mener, en parallèle, quelques actions coup de poing ; par exemple en février dernier, lorsque la direction a annoncé renoncer à la « stagiairisation » des agents1, contrairement à ce que prévoit le protocole d’accord en vigueur. Dans les heures qui ont suivi, la CFDT a sorti un préavis de grève : hors de question que les agents concernés voient leur accès au statut de fonctionnaire compromis. La levée de boucliers aura suffi à obtenir gain de cause. « Quand la CFDT attaque, les résultats claquent », était-il d’ailleurs précisé dans un tract publié au lendemain du conflit. Selon Laure, cette méthode « permet de lutter contre la désinformation et les fake news qui peuvent circuler… ».

Rendre la CFDT visible dans et hors les murs

À quelques mois des élections professionnelles, l’exercice de pédagogie se révèle utile car la visibilité est plus que nécessaire. « On veille à ce que les informations transmises marquent les esprits et suscitent l’intérêt ou la curiosité », rebondit Nathalie Mehault, aide-soignante. Les militantes CFDT ont ainsi instauré une routine : les aventures de Pat le paresseux sont mises en ligne tous les vendredis. Un courriel mensuel est en outre systématiquement adressé aux adhérents, plusieurs si les besoins et l’actualité rendent cette pratique indispensable.

En matière de visibilité, justement, les militantes de la section ont organisé un loto, en mai dernier – action à laquelle plusieurs centaines d’agents ont participé, sachant que chacun des joueurs est reparti les mains pleines. Durant ce rendez-vous, les prises de contact se sont multipliées et les coordonnées ont été échangées. À l’occasion de ce temps fort, la CFDT a sollicité les commerçants locaux et expliqué sa démarche.

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

« Une cinquantaine d’entre eux ont joué le jeu, séduits par l’idée de soutenir une initiative locale permettant de créer du lien et d’afficher leur solidarité avec les agents de l’hôpital », explique la section. Spa, séance photos, restaurants, produits alimentaires, de beauté, vidange offerte pour un véhicule et bons d’achat, etc. : au total, des centaines de lots ont pu être distribués aux soignants… en plus des goodies distribués à toutes et tous. À quelques mois d’une échéance cruciale pour les fonctions publiques et la CFDT, l’action a été particulièrement appréciée par les personnels de l’établissement et aura contribué à marquer les esprits.