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Extrait de l'hebdo n°4034
En seulement quelques années, la section CFDT de Brest Métropole a pris de l’ampleur. Dialogue social, tournée dans les services, pratiques syndicales améliorées… : ses méthodes ont convaincu de nombreux agents, qui l’ont rejointe. L’équipe est désormais prête à peser dans les élections professionnelles de décembre 2026.

C’est une bonne nouvelle, arrivée à quelques mois des élections professionnelles. Début septembre, la CFDT et les autres organisations syndicales de Brest Métropole signaient un accord de mise en place d’une couverture prévoyance (c’est-à-dire un capital-décès, le maintien des revenus lors d’un congé longue maladie ou d’une maladie grave…) obligatoire et collective au 1er janvier 2027. Selon les militantes de la section, c’est un vrai progrès social, explique la secrétaire de section Lénaïg Cavarec : « Une prévoyance de qualité est essentielle pour les agents, et non une option ! À ce jour, nous accompagnons des personnes qui se trouvent en arrêt longue maladie sans prévoyance ; elles subissent de grosses pertes de revenus. » Il faut dire que les solutions proposées jusqu’à présent aux agents n’étaient pas satisfaisantes. « Il y avait deux prévoyances collectives : la première via le comité des œuvres sociales et la seconde proposée par l’employeur moyennant une participation égale à 50 %. Mais les conditions des contrats n’étaient pas satisfaisantes à nos yeux. »
Quels niveaux de garanties ?
Sur le nouveau dispositif, la CFDT a donc formulé des revendications : « Dans le domaine de la prise en charge employeur, nous réclamions 100 %. Cette demande a été entendue pour les agents percevant un salaire inférieur au Smic ; pour les autres, la prise en charge s’élève à 70 %, ce qui est bien plus que le minimum légal, à 50 % », explique Élisabeth Le Faucheur, secrétaire adjointe de la section. Par ailleurs, les militantes se sont pleinement impliquées dans cet exercice de dialogue social. « Les échanges sur le sujet avec l’administration avaient mal commencé… », se rappelle Élisabeth.
L’employeur a ensuite proposé un accord de méthode, signé par toutes les organisations syndicales. « Nous avons demandé qu’un cabinet spécialisé accompagne la démarche, ce qui a été retenu et a permis un travail collectif. Puis, en mars 2026, la majorité municipale a changé de couleur politique, et c’est avec cette nouvelle équipe que la négociation s’est faite. Cela a permis de déboucher sur ce niveau de prise en charge de l’employeur », poursuit-elle. Alors que les militantes et militants négociaient, le lien avec les adhérents, lui, n’a jamais été rompu. « Nous avons demandé leur avis à chaque étape », précise Lénaïg. « Ça n’aurait pas eu de sens d’agir autrement ! », complète Élisabeth.
Une équipe dédiée au terrain
La méthode de négociation choisie est à l’image de ce que porte la section. « Notre singularité, c’est le dialogue, l’échange, la communication tant avec la direction qu’avec nos collègues », ajoute la secrétaire adjointe. Et pour ce faire, rien de tel que d’aller à la rencontre des agents sur leurs lieux de travail. Toutes les semaines, des militantes et militants qui forment « l’équipe terrain » sillonnent les différents services de Brest Métropole. En quatre ans, ladite équipe s’est d’ailleurs étoffée, passant de quatre à treize personnes. Lénaïg et Élisabeth préparent des plannings et organisent la tournée. « L’équipe est polyvalente, explique Lénaïg. On forme des binômes en mixant des métiers afin que, par exemple, des collègues des écoles aillent à la rencontre des services techniques. » Et les pratiques se sont structurées et affinées : « Nous avons créé une charte pour l’équipe avec la posture à adopter, ce que l’on attend de cette action. On l’a construite avec les militants. Après chaque journée de terrain, nous avons un temps de débrief. C’est important que l’équipe se réunisse et échange. C’est ce qui fait sa force », précise la secrétaire de section.
« On écoute les agents, on fait ensuite remonter les problèmes qu’ils rencontrent à la section. Ça prend parfois du temps mais on ne bâcle pas le travail, détaille Hafida Iliou, militante depuis cinq ans et agente technique dans les écoles. C’est comme ça qu’une confiance s’est instaurée entre eux et nous. » La démarche lui apporte beaucoup : « Ça me permet d’être dans l’échange, à l’écoute, et il y a la satisfaction de leur apporter quelque chose », sourit-elle. Assise à ses côtés, Mounia Mfougoulie, animatrice dans une école et militante CFDT depuis peu, y trouve également son compte : « Ici, à la section, on peut s’exprimer librement, tout le monde s’écoute, on est soutenu. Et aller à la rencontre des autres avec l’équipe terrain, ça permet de découvrir d’autres corps de métiers, de mieux comprendre leurs problématiques. »
Les listes électorales CFDT sont constituées
Tout ce travail n’est pas passé inaperçu auprès des agentes et agents de Brest Métropole. Le nombre d’adhérents a presque doublé depuis les dernières élections (elles datent de 2022) et la relance de la section qui s’est ensuivie. À quelques semaines du prochain scrutin, le 10 décembre 2026, les listes ont été bouclées. « Nous avons une diversité de fonctions, de catégories et de métiers », souligne Lénaïg. L’heure est désormais à la finalisation des revendications, avec une ligne directrice : « Nous sommes le syndicat de tous les agents ! »